Sécurité routière : le nombre de décès sur la route a reculé de 21 % dans le monde entre 2011 et 2025 selon l’OMS

Le bilan mondial des accidents de la circulation connaît une amélioration historique : selon de nouvelles données publiées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), membre du Forum économique mondial, le taux de décès sur les routes a diminué de 21 % entre 2011 et 2025. Cette baisse intervient malgré une augmentation considérable du nombre de véhicules en circulation et une transformation profonde des mobilités urbaines. Mais derrière cette avancée, plus d’un million de personnes continuent de perdre la vie chaque année sur les routes.

La sécurité routière mondiale a enregistré des progrès significatifs au cours des quinze dernières années. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le taux mondial de décès liés aux accidents de la route a diminué de 21 % entre 2011 et 2025. Une évolution notable alors même que la planète a connu une croissance massive du parc automobile, avec plus d’un milliard de véhicules motorisés supplémentaires sur les routes durant cette période.

Cette amélioration s’inscrit dans un contexte international marqué par une prise de conscience progressive du caractère évitable des accidents de la circulation. Depuis le lancement de la Décennie d’action pour la sécurité routière 2011-2020 portée par les Nations unies et l’OMS, de nombreux États ont renforcé leurs politiques publiques : amélioration des infrastructures, développement des normes de sécurité automobile, campagnes de prévention, contrôle de la vitesse ou encore généralisation progressive du port de la ceinture et du casque.

Pour autant, le recul observé ne signifie pas que la crise sanitaire liée aux accidents de la route est résolue. En 2025, les collisions routières ont encore provoqué environ 1,16 million de décès dans le monde. Les traumatismes liés aux transports demeurent ainsi la première cause de mortalité chez les enfants et les jeunes adultes âgés de 5 à 29 ans.

Une baisse mondiale obtenue malgré l’explosion des mobilités

Entre 2011 et 2025, les habitudes de déplacement ont profondément évolué. L’urbanisation accélérée, l’essor des plateformes de livraison et des services de transport à la demande ont modifié la manière dont les populations utilisent l’espace routier. Dans le même temps, l’usage des deux-roues motorisés a fortement progressé : selon l’OMS, leur nombre a plus que triplé durant cette période. Les motocyclistes représentent désormais près d’un tiers des décès enregistrés sur les routes à l’échelle mondiale.

Cette évolution illustre un paradoxe majeur : les routes sont devenues globalement moins meurtrières en proportion, mais elles restent confrontées à une pression croissante liée à l’augmentation des déplacements. Les villes doivent aujourd’hui composer avec une diversité accrue d’usagers : automobilistes, conducteurs de deux-roues, cyclistes, utilisateurs de trottinettes ou encore piétons.

L’OMS souligne notamment que la conception des réseaux de transport joue un rôle déterminant. Les politiques publiques tendent désormais à développer une approche dite du « système sûr », qui considère que l’erreur humaine est inévitable et que les infrastructures doivent être pensées pour limiter la gravité des conséquences lorsqu’un accident survient. Cette philosophie encourage notamment la réduction des vitesses en milieu urbain, la sécurisation des traversées piétonnes et l’amélioration de la protection des usagers les plus vulnérables.

Des progrès très inégaux selon les régions du monde

Derrière la moyenne mondiale se cachent cependant d’importantes disparités géographiques. Certaines régions ont enregistré des avancées spectaculaires, tandis que d’autres continuent de voir le nombre de victimes augmenter. Selon les données communiquées par l’OMS, la Région européenne a connu une baisse de 36 % des décès sur la route entre 2011 et 2025. Le Pacifique occidental a enregistré une diminution de 15 %, tandis que l’Afrique a connu une hausse de 17 % sur la même période.

Ces écarts s’expliquent notamment par les différences d’infrastructures, de réglementation, de qualité des véhicules et d’accès aux soins d’urgence. Les pays à revenu faible ou intermédiaire concentrent encore la majorité des décès routiers alors qu’ils ne représentent qu’une part minoritaire du parc automobile mondial. L’OMS rappelle ainsi que les accidents de la route restent une question majeure de santé publique et de développement économique.

Dans ces territoires, les usagers vulnérables, piétons, cyclistes et motocyclistes, paient souvent le prix le plus lourd. Le manque de voies protégées, l’absence de transports collectifs adaptés et l’application parfois insuffisante des règles de circulation aggravent les risques.

Malgré les résultats encourageants enregistrés depuis 2011, la communauté internationale reste confrontée à un défi considérable. Dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, les États se sont engagés à réduire de moitié le nombre de décès et de blessures graves liés aux accidents de la route d’ici 2030, par rapport aux niveaux de référence établis en 2021.

L’écart entre les ambitions affichées et la réalité actuelle demeure important. La baisse de 21 % enregistrée entre 2011 et 2025 constitue une avancée majeure, mais elle reste insuffisante pour atteindre les objectifs internationaux dans les délais prévus. L’OMS appelle donc à accélérer les investissements dans des infrastructures plus sûres, à renforcer les réglementations et à placer la sécurité des personnes au centre des politiques de mobilité. L’enjeu dépasse désormais la seule question des accidents : il concerne la manière dont les sociétés conçoivent leurs déplacements, leurs villes et leur rapport collectif à la route.

Sources :
Organisation mondiale de la Santé (OMS), « Le nombre de décès sur la route a diminué de 21 % dans le monde, mais une action renforcée est nécessaire pour sauver des vies », publié le 20 juillet 2026.
Organisation mondiale de la Santé (OMS), « Road traffic injuries », données de référence sur la mortalité routière mondiale.