Portrait officiel du président américain Donald Trump

Sanctions contre l’Iran : Trump mise sur l’asphyxie économique

Faute de victoire militaire, le contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump a annoncé « la plus destructrice opération économique jamais menée contre un pays » pour contraindre l’Iran à négocier. Le président américain veut couper les dernières ressources de Téhéran, six mois après le début des frappes israélo-américaines. À trois mois des élections de mi-mandat, ce coup de poker ne lui garantit aucune sortie de crise.

Six mois de bombardements n’ont pas fait plier la République islamique. Donald Trump change donc d’arme.

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a menacé de représailles économiques tout État qui maintiendrait des relations commerciales avec Téhéran, ou qui laisserait ses banques, ses entreprises, ses aéroports et ses administrations fournir la moindre bouffée d’oxygène au régime. L’objectif affiché est l’isolement total : tarir les revenus restants pour obliger l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz et à démanteler son programme nucléaire.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a décrit le dispositif comme une double peine, ajoutant aux sanctions déjà en vigueur un blocus naval maintenu depuis avril. Selon Le Figaro, l’administration américaine promet les sanctions les plus sévères jamais appliquées. Elle promettait déjà, en avril, une campagne de ciblage des entités faisant affaire avec l’Iran. Le régime n’est toujours pas tombé.

Une guerre qui coûte cher à l’intérieur

La facture, elle, se lit à Washington. Les stocks d’armes et de munitions ont été sérieusement entamés. Selon le Washington Post, l’armée américaine a perdu un quart de sa flotte de drones MQ-9 Reaper, des appareils évalués entre 30 et 50 millions de dollars pièce.

Surtout, le prix de l’essence a grimpé. Le coût de la vie suit. L’impopularité du conflit gagne y compris l’électorat Maga, celui-là même à qui le candidat Trump avait promis de ne plus engager les États-Unis dans des guerres sans fin. À la veille du scrutin de mi-mandat de novembre, les républicains redoutent que l’enlisement iranien leur coûte le Congrès.

Interrogé sur CNBC, Scott Bessent a confirmé la logique du virage : une pression économique maximale signifie qu’il n’y aura probablement pas de reprise des opérations militaires de grande ampleur. Traduction : Washington ne veut plus y retourner.

Pékin, verrou du dispositif

Une sanction n’est efficace que si les autres l’appliquent. Mardi, les Émirats arabes unis ont annoncé suspendre jusqu’à nouvel ordre l’ensemble de leurs échanges commerciaux et financiers avec Téhéran. La Chine, elle, achetait jusqu’à 90 % des exportations de pétrole iranien.

Donald Trump a besoin de Pékin sur d’autres dossiers. Xi Jinping est attendu à Washington le 24 septembre, et l’administration américaine redoute des représailles chinoises sur les terres rares, indispensables à son industrie. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déjà fait savoir que ce type de mesures n’aiderait pas à résoudre le problème.

Imaginez un embargo dont le premier client du pays visé ne veut pas entendre parler. C’est à peu près la situation.

L’ombre de Jimmy Carter plane sur la Maison-Blanche

Le parallèle circule désormais ouvertement dans les cercles de Washington. En 1979, Jimmy Carter s’était révélé incapable de dénouer la crise des otages américains à Téhéran, ce qui avait largement pesé sur sa défaite de 1980.

Danny Citrinowicz, ancien responsable du renseignement militaire israélien et chercheur à l’Atlantic Council, a résumé la situation sur X : l’échec stratégique en Iran hantera Donald Trump, qui n’a jamais voulu être Carter et commence pourtant à lui ressembler. Hal Brands, professeur à l’université Johns Hopkins, rappelle de son côté que les sanctions contre l’Iran ont déjà été essayées, sans résultat décisif. Ali Vaez, de l’International Crisis Group, y voit surtout le signal d’un refus américain de repartir en guerre.

Côté iranien, le chef de la sécurité Mohsen Rezaei a menacé d’attaquer les entreprises américaines implantées dans la région et de bloquer le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz comme dans le Golfe si ses voisins appliquaient les sanctions. Par ce détroit transitaient, avant les hostilités, 20 % du pétrole mondial.

Lors d’un meeting ce week-end, Donald Trump a qualifié le conflit de simple détour. Les Iraniens, eux, ont tout intérêt à ce qu’il reste sur la route jusqu’en novembre. En 1980, ce calcul avait fonctionné.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/international/l-echec-en-iran-va-le-hanter-pour-sortir-de-l-impasse-donald-trump-change-de-strategie-face-a-teheran-20260823