Plage et ponton de Mae Nam, sur l'ile de Koh Samui en Thailande, ou est implante le parc animalier au coeur de la polemique (photo d'illustration)

Samui Exotic Park : un Villeurbannais accusé d’écarter les Israéliens

Le Samui Exotic Park, petit parc animalier de l’île thaïlandaise de Koh Samui, refuse l’entrée aux visiteurs israéliens. Son gérant, un Villeurbannais identifié par la presse française sous le nom de Kevin D., apparaît dans une vidéo en train de bousculer un père de famille venu avec ses deux filles. La police touristique thaïlandaise enquête, et Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger réclame des poursuites en France.

Mae Nam, au nord de Koh Samui, le 14 août. Une famille israélienne de Rosh HaAyin se présente au guichet du Samui Exotic Park avec deux filles de 6 et 9 ans. On lui refuse l’entrée. La mère sort son téléphone et filme. Sur les images, relayées par Khaosod English et le Thai Examiner, elle demande si c’est parce qu’ils viennent d’Israël. Un employé leur ordonne de partir. Quand le père lui demande son nom, l’homme répond par une insulte, s’avance, et lui porte ce qui ressemble à un coup de tête dans le cou. Une petite pancarte est ensuite lancée en direction de la mère, qui filme toujours.

Le père, cité par le site israélien Ynet, affirme avoir seulement cherché à négocier l’entrée pour ses enfants et décrit une scène traumatisante pour elles. Le parc, de son côté, a diffusé ses propres images de vidéosurveillance, sur lesquelles la famille repart. Aucune des deux versions n’a été tranchée par une autorité judiciaire.

Du drapeau palestinien au pictogramme barré

Fin juillet, l’établissement avait déjà affiché un drapeau palestinien et un panneau « Free Palestine ». Un touriste israélien s’en était plaint, des avis négatifs étaient tombés, et la propriétaire avait alors répondu que le parc accueillait toutes les nationalités, à condition d’y respecter les règles.

Deux semaines plus tard, le compte Instagram du parc publie un drapeau israélien barré d’un sens interdit, posé à côté d’une cible de tir criblée d’impacts. Le Progrès relève de son côté un avis Google du parc qui ne laisse guère de place au doute : « Pas d’Israéliens dans le parc ». Interrogé par la presse israélienne, le gérant confirme en majuscules qu’il n’y a pas d’Israéliens chez lui et assure que sa décision n’est pas politique. i24News et Lesfrancais.press font état de messages plus explicites encore, visant les Juifs, depuis effacés.

Files d’attente, nourriture des animaux et menace de mort

Sai, la copropriétaire thaïlandaise du parc, mariée au gérant français, a livré sa version sur les réseaux sociaux, reprise par le Thaiger. Elle égrène des griefs accumulés contre certains visiteurs : des entrées sans paiement, des animaux malmenés, des files coupées, de la nourriture destinée aux bêtes emportée. Rien de politique, insiste-t-elle. De l’exaspération.

Elle affirme aussi avoir reçu l’appel d’un homme israélien la menaçant de mort et évoquant une somme de 500 000 bahts promise à qui les tuerait, elle et son mari. Cette plainte a fait monter l’affaire d’un cran : un vice-ministre de l’Intérieur a demandé une enquête et une médiation entre les parties, en rappelant que la loi thaïlandaise s’applique à toutes les nationalités. La police touristique de Koh Samui, elle, examine l’agression alléguée. Deux dossiers, deux plaignants, un seul parc animalier.

À Villeurbanne, personne ne l’a officiellement nommé

Le Progrès et Lyonmag présentent le gérant comme un jeune homme originaire de Villeurbanne, prénommé Kevin, désigné dans la presse française sous le nom de Kevin D. Aucune autorité française n’a confirmé cette identification, et aucune poursuite connue n’a été engagée contre lui à ce jour.

La communauté française de Thaïlande n’a pas attendu pour réagir. Jean-Michel Perroy, président du Conseil consulaire en Thaïlande, déclare à Lesfrancais.press ne pas accepter ce comportement et rappelle qu’« il faut respecter la neutralité de la Thaïlande ». La députée des Français de l’étranger Caroline Yadan, élue de la 8e circonscription, qualifie les faits d’abominables et réclame des poursuites en France, en s’appuyant sur l’article 113-6 du code pénal, qui permet sous conditions de juger un Français pour des faits commis à l’étranger. À i24News, elle dit ressentir « un profond sentiment de dégoût face à la banalisation du mal ».

Un contentieux à 420 000 visiteurs

La Thaïlande a enregistré 420 202 arrivées israéliennes en 2025, selon les chiffres cités par le Thai Examiner, pour des séjours de dix-neuf jours en moyenne. Le jour de l’incident, l’ambassadrice d’Israël en Thaïlande, Alona Fisher-Kamm, se trouvait à Surat Thani, la province dont dépend Koh Samui, pour évoquer précisément la sécurité des visiteurs israéliens. Un hasard de calendrier.

Le parc, lui, n’a pas fermé. La question de savoir qui il laisse entrer se règle désormais entre un commissariat de Koh Samui et l’article 113-6 du code pénal français.


Source : Le Progrès – https://c.leprogres.fr/faits-divers-justice/2026/08/16/il-refuse-les-israeliens-dans-son-zoo-thailandais-un-villeurbannais-au-coeur-d-une-grosse-polemique