Saint-Romain-en-Gal : un mausolée romain hors norme sort de terre

Trente-deux jours de chantier, du 20 juillet au 21 août 2026, pour un monument resté sous terre plus de deux mille ans. À Saint-Romain-en-Gal, sur la rive droite du Rhône au sud de Lyon, les archéologues ont dégagé un mausolée romain de la fin du Ier siècle avant J.-C. dont ils ne soupçonnaient pas l’ampleur. Le Département du Rhône, qui a livré le bilan de la campagne le mercredi 19 août, n’a pas encore décidé du sort du site.

Le site avait été repéré en 2025, à quelques pas du musée et des sites archéologiques de la commune. Il était alors encore à moitié enfoui. Les archéologues savaient qu’ils avaient affaire à un mausolée. Ils ne se doutaient pas, selon les termes employés par le Département du Rhône, de « l’ampleur exceptionnelle » de ce « tombeau monumental ».

La campagne intensive a été lancée le 20 juillet 2026 et s’est achevée le 21 août. Le bilan a été rendu public le mercredi 19 août par la collectivité, à quelques jours de la fin des travaux, et rapporté par actu Lyon. « Les recherches ont permis de confirmer le caractère hors norme de cette découverte, tant par l’ampleur architecturale du monument que par son exceptionnel état de conservation », écrivent les archéologues.

Un mois de terrain contre vingt siècles de silence. Le rapport de forces n’est pas favorable aux fouilleurs, mais il a suffi pour établir que le monument n’était pas ce qu’on croyait.

Des vestiges de crémation encore en place

C’est le détail qui distingue cette campagne des autres. Le mausolée renfermait encore des « vestiges de crémation », que les archéologues qualifient de « découverte particulièrement rare pour un monument de cette nature ». Les tombeaux romains de ce type ont généralement été vidés, pillés ou réemployés bien avant l’arrivée des archéologues contemporains.

Le Département du Rhône reste prudent sur la suite. « Sa découverte a ouvert un nouveau champ d’investigations pour les archéologues, qui cherchent aujourd’hui à mieux comprendre son organisation, son emprise et la place qu’il occupait dans le paysage antique », indiquent ses services. Autrement dit, la question n’est plus de savoir ce qu’est le monument, mais à quoi il servait et pour qui.

Ni le nom du défunt, ni les dimensions exactes du tombeau n’ont été communiqués. Les archéologues travaillent encore.

Sur la rive droite, face à Vienne

Saint-Romain-en-Gal n’est pas une commune ordinaire pour qui s’intéresse à l’Antiquité. Située dans le Rhône, sur la rive droite du fleuve, elle fait face à Vienne, dans l’Isère. Le site archéologique de la commune constitue l’un des quartiers de la Vienne antique, Vienna, colonie romaine majeure de la vallée du Rhône installée sur l’axe qui reliait Lugdunum, l’actuelle Lyon, à la Narbonnaise.

Ce couloir a été pendant des siècles la principale voie de circulation entre le nord de la Gaule et la Méditerranée. Un mausolée monumental de la fin du Ier siècle avant J.-C. n’y a rien d’incongru. Ce qui l’est davantage, c’est qu’il ait traversé deux mille ans d’urbanisation, de remblais et de terrassements sans que personne le trouve.

Pour les Lyonnais, la découverte se situe juste au sud de la métropole, dans un ensemble patrimonial que le Département du Rhône gère et ouvre déjà au public.

Le Département n’a rien tranché

La campagne a mobilisé une équipe interdisciplinaire d’envergure, selon la collectivité : archéologues et architectes du patrimoine, mais aussi des étudiants en archéologie venus de plusieurs universités françaises et étrangères. Un chantier de cette taille sert autant à fouiller qu’à former.

Reste la question de l’après. Le Département du Rhône n’a pas arrêté sa décision sur l’avenir du site. Sa proximité immédiate avec le musée archéologique de Saint-Romain-en-Gal plaide pour une mise en valeur auprès du public, mais aucun calendrier ni aucun montant n’ont été rendus publics.

Un tombeau monumental exhumé à quelques pas d’un musée qui reçoit chaque année des visiteurs venus voir exactement ce genre de chose. La collectivité prendra le temps qu’il faut.

Le mausolée de Saint-Romain-en-Gal est ressorti de terre en trente-deux jours après vingt siècles d’oubli. Ce qu’il en restera de visible dépend maintenant d’une décision qui n’a pas encore été prise, à quelques pas d’un musée déjà construit pour l’accueillir.


Source : actu Lyon – https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/saint-romain-en-gal_69235/des-fouilles-archeologiques-pres-de-lyon-devoilent-un-site-antique-d-une-envergure-exceptionnelle_64687911.html