Ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil en 2016 dans la basilique

Saint-Denis : ma Sainte Tunique d’Argenteuil au Stade de France le 25 septembre

La Sainte Tunique d’Argenteuil, relique conservée dans la basilique de la ville depuis des siècles, sera exposée le 25 septembre au Stade de France, lors de la veillée qui précède la visite du pape Léon XIV en France. L’ancien recteur de la basilique, le père Guy-Emmanuel Cariot, détaille à Famille Chrétienne les autorisations, l’escorte et le nouveau reliquaire mobilisés pour ce déplacement exceptionnel. Vingt jours avant l’événement, le transfert de la relique fait déjà l’objet d’un protocole de sécurité comparable à celui d’une pièce de musée.

Le 25 septembre au soir, le Stade de France accueillera un plateau pour le moins inhabituel. Aux côtés des figures musicales Les Frangines, Monroe et Les Guetteurs, programmées pour la veillée précédant la messe du pape Léon XIV, prendra place la Sainte Tunique d’Argenteuil, vêtement que la tradition catholique attribue au Christ lors de sa Passion. L’information a été confirmée à Famille Chrétienne par le père Guy-Emmanuel Cariot, ancien recteur de la basilique d’Argenteuil, où la relique est conservée à quelques kilomètres à peine de l’enceinte francilienne. Son successeur, le père Jean-Eudes Gilbert, qui vient de prendre sa suite à la tête de la basilique, participe également à l’organisation de cette ostension hors les murs.

Selon le père Cariot, le projet était « dans les tuyaux depuis quelques semaines ». La veillée du 25 septembre s’articule autour des grandes figures de sainteté françaises, et les organisateurs ont jugé qu’une relique attribuée à Jésus lui-même y trouvait naturellement sa place. La proximité géographique entre Argenteuil et Saint-Denis a facilité l’arbitrage.

Millimètre par millimètre, une opération à hauts risques

Déplacer une relique classée n’a rien d’une formalité. Le père Cariot énumère les autorisations nécessaires avant tout transfert : celle du maire d’Argenteuil, la Tunique étant propriété de la commune, puis celle de la sous-préfecture d’Argenteuil, chargée d’organiser l’escorte policière. La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), qui exerce un contrôle matériel sur la relique, a également son mot à dire sur chaque étape du transport.

« Tout a été étudié au millimètre près pour protéger la Sainte Tunique durant tout le transfert », résume le père Cariot. Une restauratrice, habilitée par la DRAC et déjà intervenue sur la relique en 2015, accompagnera la Tunique toute la journée du 25 septembre. Elle établira un constat d’état à la sortie du reliquaire, avant l’installation au Stade de France, puis un second au retour à Argenteuil.

Vingt minutes sous les projecteurs

Le grand reliquaire habituellement utilisé lors des ostensions dans la basilique est jugé trop fragile pour être déplacé. Les organisateurs avaient un temps envisagé le petit reliquaire, avant d’y renoncer pour des raisons de rendu visuel dans l’immense enceinte du Stade de France. Un nouveau reliquaire, plus sobre et conçu spécialement pour l’occasion, a donc été confié à l’ébéniste Gabriel Hostachy.

Le déroulé prévu reste contenu. La Sainte Tunique restera voilée durant la première partie de la veillée et ne sera dévoilée qu’à la fin, au moment de la prière, sans déambulation du public devant la relique. Son exposition ne devrait pas excéder vingt minutes, selon le père Cariot.

Une relique qui ne quitte presque jamais Argenteuil

Les sorties de la Sainte Tunique hors de sa basilique se comptent sur les doigts d’une main. Le père Cariot en recense deux dans l’histoire ancienne : une procession à Paris au XVIe siècle, avec la couronne d’épines et les saints clous, au début des guerres de religion, et un déplacement à Saint-Denis au Moyen Âge. Plus récemment, la relique avait quitté Argenteuil de façon bien moins protocolaire, lors de son vol en 1983, avant d’être retrouvée quelques semaines plus tard.

Depuis 2016, la basilique organise régulièrement des ostensions publiques, à l’initiative de Mgr Michel Lalanne. Selon le père Cariot, les lettres envoyées à l’époque par des catéchumènes mentionnaient fréquemment la Tunique parmi les déclencheurs de leur conversion.

Le pari des catéchumènes

Cette expérience passée explique en partie le choix de l’exposer devant un public jeune. La veillée du 25 septembre doit justement mettre en avant le catéchuménat, sujet suivi de près par le pape Léon XIV, avec des témoignages de nouveaux convertis prévus en seconde partie de soirée. Pour le père Cariot, la Sainte Tunique, « marquée du sang du Christ », parle aussi bien aux catholiques confirmés qu’aux néophytes, dans la continuité de l’attention portée par le pape François à la piété populaire.

En quatre siècles, la relique n’était sortie d’Argenteuil que pour une procession, un exil médiéval et un vol resté dans les mémoires locales. Le 25 septembre, c’est une sous-préfecture, une DRAC et une escorte policière qui l’accompagneront jusqu’au Stade de France, entre deux passages de chanteurs. La ferveur, elle, ne se protocolise pas.


Source : Famille Chrétienne