Sahel : l’administration Trump étudie une possible intervention militaire au Mali

L’administration du contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump examine plusieurs scénarios pour répondre à la montée en puissance du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) au Mali. Selon des révélations du Washington Post, des discussions sont en cours autour d’éventuelles opérations militaires américaines. Au-delà de la lutte antiterroriste, Washington chercherait également à s’imposer comme une alternative sécuritaire à la Russie dans un Sahel en pleine recomposition géopolitique.

L’administration américaine étudie la possibilité de mener des opérations militaires contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), principale organisation djihadiste affiliée à Al-Qaida active au Mali. L’information, révélée par le Washington Post et relayée par Courrier international, intervient alors que le groupe multiplie les offensives coordonnées dans plusieurs régions du pays, souvent en coopération avec les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA).

À ce stade, aucune décision n’aurait été arrêtée. Le projet demeure au niveau des discussions internes, mais il bénéficierait du soutien de Sebastian Gorka, directeur principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale des États-Unis. Plusieurs responsables américains, actuels comme anciens, décrivent ce proche conseiller comme un partisan assumé du recours à la force dans la lutte contre les organisations terroristes.

Si une telle opération venait à être validée, le Mali rejoindrait la liste des pays ayant fait l’objet de frappes ou d’interventions militaires décidées sous l’administration Trump, après notamment le Yémen, la Somalie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Nigeria et le Venezuela.

Une intervention américaine au Mali présenterait toutefois des risques majeurs. Depuis le départ progressif des mercenaires du groupe Wagner, les forces russes de l’Africa Corps, directement liées au ministère russe de la Défense, assurent une partie de l’appui militaire auprès des autorités de transition maliennes. Selon le Washington Post, une opération américaine pourrait ainsi créer un risque d’incident direct entre les militaires américains et les forces russes présentes sur le terrain.

Les experts soulignent également une autre conséquence potentielle. Le spécialiste du Sahel Wassim Nasr estime que des frappes ciblant le Jnim pourraient indirectement renforcer l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), organisation rivale dont l’expansion a jusqu’à présent été contenue en partie par la concurrence entre les groupes djihadistes.

Interrogé sur ces informations, le département d’État américain n’a pas confirmé l’existence d’un projet d’intervention. Il s’est limité à rappeler que les États-Unis condamnent sans ambiguïté les activités terroristes menées au Mali. Dans le même temps, un responsable de la Maison-Blanche a encouragé les États d’Afrique du Nord et de l’Ouest à se tourner vers les équipements et services militaires américains afin de renforcer leurs capacités de lutte contre les groupes armés.

Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de Washington de proposer une offre sécuritaire concurrente à celle de Moscou. Les récents revers subis par les forces de l’Africa Corps face au Jnim et au FLA alimentent les critiques américaines sur l’efficacité du soutien militaire russe au Mali. L’administration Trump chercherait ainsi à convaincre les États sahéliens que la progression des groupes djihadistes résulte en partie des limites de l’appui fourni par la Russie.

Le rapprochement entre Washington et Bamako ne date pas de ces révélations. En février dernier, les États-Unis avaient déjà levé plusieurs sanctions visant des responsables de la junte malienne. Selon le Washington Post, les échanges de renseignements entre les deux pays avaient également été renforcés dès 2025.

Par ailleurs, le média panafricain Afrik.com indiquait en mars que les autorités américaines envisageaient un accord stratégique avec le gouvernement de transition malien. Celui-ci pourrait notamment permettre la reprise de missions de surveillance aérienne, effectuées au moyen d’avions et de drones au-dessus du territoire malien.

Cette évolution illustre la compétition stratégique qui s’intensifie au Sahel depuis le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane en 2022. Alors que la Russie est devenue le principal partenaire militaire de Bamako, les États-Unis semblent désormais vouloir reprendre pied dans la région en privilégiant une coopération sécuritaire directe et un positionnement plus pragmatique, dans le but de limiter l’influence croissante de Moscou.

Sources :

  • Courrier international : article du 23 juillet 2026, reprenant une enquête du Washington Post.
  • The Washington Post (enquête citée par Courrier international).
  • Afrik.com (éléments de contexte mentionnés dans l’article source).