You are currently viewing Russophobie : une tribune de Xenia Fedorova dénonce une xénophobie devenue acceptable en France
Xenia Fedorova. Photo : @Thinkerview

Russophobie : une tribune de Xenia Fedorova dénonce une xénophobie devenue acceptable en France

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MEDIA
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Dans une tribune publiée hier dans JDNews, la journaliste Xenia Fedorova s’alarme de ce qu’elle présente comme une forme de russophobie désormais banalisée dans le débat public français depuis le début de la guerre en Ukraine. L’ancienne dirigeante de RT France estime que la condamnation légitime de la politique du Kremlin s’est progressivement transformée en suspicion généralisée à l’égard des Russes. Un texte qui interroge les limites entre critique d’un État, engagement politique et stigmatisation d’un peuple.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, les relations entre la Russie et les pays occidentaux se sont profondément détériorées. Dans une tribune intitulée « Russophobie, le racisme qui ne dit pas son nom », publiée dans Le Journal du Dimanche, Xenia Fedorova affirme qu’un phénomène plus discret mais durable s’est installé dans les sociétés européennes : une méfiance généralisée envers les citoyens russes, indépendamment de leurs positions politiques ou de leurs responsabilités individuelles.

L’auteure soutient que cette évolution ne se limite pas aux sanctions économiques ou diplomatiques décidées contre Moscou. Selon elle, la Russie en tant qu’État aurait progressivement été confondue avec son peuple, sa culture et sa langue. Elle cite notamment des artistes, sportifs et intellectuels russes qui auraient été exclus de certaines compétitions ou manifestations culturelles, ou sommés de prendre publiquement position pour continuer à exercer leurs activités.

Pour Xenia Fedorova, cette dynamique a conduit à une forme de suspicion collective. Elle estime que des citoyens russes vivant en Europe ont parfois été confrontés à des jugements liés à leur origine plutôt qu’à leurs actes. Dans son analyse, ce climat aurait également gagné les établissements scolaires, les universités et certains espaces médiatiques, où l’identité russe serait devenue un motif de défiance.

La journaliste développe l’idée que toute société démocratique doit être capable de distinguer un gouvernement de sa population. Elle considère qu’en assimilant systématiquement les Russes aux décisions du Kremlin, les démocraties occidentales prennent le risque de reproduire les mécanismes qu’elles dénoncent habituellement lorsqu’ils visent d’autres communautés. La tribune insiste ainsi sur la nécessité de préserver un débat public fondé sur les responsabilités individuelles plutôt que sur les appartenances nationales.

L’un des passages les plus marquants du texte concerne le traitement médiatique de la guerre. Xenia Fedorova affirme qu’exprimer un point de vue russe ou chercher à comprendre la logique stratégique de Moscou est devenu suspect dans certains cercles. Elle distingue néanmoins la compréhension d’un adversaire de son approbation, estimant qu’analyser les motivations d’un acteur géopolitique ne revient pas à soutenir ses actions.

La tribune s’interroge également sur ce que l’auteure présente comme une réduction progressive du champ du débat public. Selon elle, certaines questions relatives aux intérêts stratégiques de la France, à l’énergie ou à l’équilibre géopolitique européen seraient devenues difficiles à aborder sans être accusé de complaisance envers la Russie. Elle critique ainsi une polarisation croissante du débat où les nuances auraient tendance à disparaître.

Enfin, Xenia Fedorova plaide pour un retour à une distinction claire entre les gouvernements et les peuples. Elle rappelle que l’histoire des relations franco-russes est ancienne et complexe et considère que le dialogue entre nations ne devrait pas être assimilé à un soutien politique automatique. Pour l’auteure, défendre les intérêts français ou maintenir des relations diplomatiques avec la Russie ne saurait être interprété comme une approbation de la guerre en Ukraine.

Cette tribune s’inscrit dans un contexte où les débats autour de la liberté d’expression, du pluralisme médiatique et des conséquences sociales de la guerre continuent d’alimenter les discussions en France comme dans le reste de l’Europe. Elle apporte une lecture critique de l’évolution du regard porté sur les Russes depuis 2022 et relance la question de la frontière entre condamnation politique et stigmatisation collective.

Sources :

  • Le Journal du Dimanche – Tribune « Russophobie, le racisme qui ne dit pas son nom » de Xenia Fedorova – 3 juin 2026 – lien

Laisser un commentaire