En Russie, la perspective d’une nouvelle mobilisation alimente rumeurs et spéculations. Sur fond de pertes élevées en Ukraine et d’un recrutement de volontaires en recul, plusieurs médias indépendants évoquent un possible tour de vis après les élections législatives de l’automne. Le Kremlin, lui, n’a rien confirmé.
Selon les informations relayées par Courrier international, reprenant des médias russes indépendants comme Vazhnyye Istorii et Verstka, plusieurs sources proches de la présidence russe évoqueraient l’hypothèse d’une nouvelle vague de mobilisation. L’information, difficile à vérifier de manière indépendante, circule avec insistance depuis le début de l’été et dépasse le stade de la simple spéculation.
La dernière mobilisation dite partielle, décrétée à l’automne 2022, avait provoqué le départ précipité de dizaines de milliers de Russes vers l’étranger et une onde de choc dans l’opinion. Le pouvoir a depuis privilégié le recrutement de volontaires rémunérés pour éviter de rouvrir ce dossier explosif.
Des pertes lourdes et un recrutement en berne
Le contexte militaire nourrit ces spéculations. Les estimations évoquées font état de pertes russes considérables depuis 2022 et de plusieurs dizaines de milliers d’hommes hors de combat chaque mois. Dans le même temps, le nombre de nouveaux engagés volontaires aurait sensiblement diminué au printemps, fragilisant le modèle sur lequel Moscou s’appuie pour alimenter le front sans décréter de mobilisation générale.
Pour compenser, l’armée russe recourrait aussi à des renforts étrangers, un recours qui reste marginal au regard des besoins et qui illustre les tensions sur les effectifs.
Un calendrier suspendu aux élections
Selon ces mêmes sources, une éventuelle décision n’interviendrait pas avant les élections législatives à la Douma, prévues à l’automne. Le pouvoir chercherait à éviter toute mesure impopulaire susceptible de peser sur le scrutin. Officiellement, Vladimir Poutine, qui figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial, n’a annoncé aucune nouvelle mobilisation, et le Kremlin s’en tient au silence.
Entre nécessité militaire et prudence politique, Moscou avance sur une ligne de crête. La rumeur, à défaut d’être confirmée, en dit déjà long sur la difficulté du pouvoir russe à nourrir une guerre qui dure.