La Cour suprême russe a interdit au parti libéral Iabloko de participer aux élections législatives prévues en septembre 2026. La formation, qui défend une ligne antiguerre et reste le dernier parti libéral en activité dans le pays, avait pourtant obtenu l’aval de la commission électorale centrale. Cette décision intervient alors que l’un de ses principaux responsables vient d’être condamné à plus de onze ans de prison.
La voie électorale se referme encore davantage pour l’opposition libérale en Russie. Lundi 17 août, la Cour suprême russe a interdit au parti Iabloko de participer aux prochaines élections législatives, programmées en septembre 2026, selon des informations rapportées par Le Monde, avec l’AFP et Reuters.
La décision frappe une formation politique qui occupe désormais une place singulière dans le paysage russe : Iabloko est, à ce jour, le dernier parti libéral encore en activité dans le pays. Sa mise à l’écart du scrutin intervient alors même que la commission électorale centrale avait auparavant autorisé sa participation aux élections.
Iabloko dénonce un « procès fictif »
Le président du parti, Nikolaï Rybakov, a vivement contesté la procédure devant la Cour suprême, qu’il a qualifiée de « procès fictif ». Pour le dirigeant de Iabloko, l’éviction de sa formation est directement liée aux positions politiques qu’elle défend, notamment son opposition à la guerre.
Nikolaï Rybakov a ainsi estimé que son parti avait été exclu du scrutin en raison de son engagement en faveur de « la paix et la liberté », accusant ceux qui l’écartent de défendre une orientation politique opposée.
L’interdiction prononcée par la plus haute juridiction russe empêche donc Iabloko de concourir aux législatives de septembre, malgré le feu vert initial des autorités électorales. Elle prive dans le même temps les électeurs russes de la possibilité de voter pour le seul parti libéral encore officiellement actif dans le pays.
Lev Chlosberg condamné à plus de onze ans de prison
La décision judiciaire contre Iabloko s’inscrit dans une journée particulièrement lourde pour le parti. Toujours lundi 17 août, son vice-président Lev Chlosberg a été condamné à onze ans et un mois de prison dans le cadre d’une procédure distincte.
Cette condamnation et l’exclusion électorale du parti constituent deux procédures séparées. Leur concomitance intervient néanmoins à quelques semaines seulement des élections législatives de septembre 2026.
Iabloko se retrouve ainsi empêché de participer à un scrutin pour lequel la commission électorale centrale avait initialement validé sa candidature. Pour la formation et son président, cette exclusion n’est pas une simple bataille administrative : elle touche directement à la possibilité de défendre publiquement, dans le cadre électoral russe, une ligne politique favorable à la paix et aux libertés.
Sources :
Le Monde, Service vidéo du Monde, avec AFP et Reuters, 18 août 2026 : « En Russie, la Cour suprême empêche le seul parti antiguerre du pays de se présenter aux prochaines élections »