La municipalité écologiste de Lyon a fait part de son intention de débaptiser la rue Bugeaud, dans le 6e arrondissement. La décision fait suite à l’avis favorable rendu en février 2026 par le Comité Histoire et Mémoires de la ville, qui présente le maréchal Thomas Robert Bugeaud comme un symbole de la colonisation et le responsable de massacres en Algérie. Le maire d’arrondissement et plusieurs riverains contestent la méthode et le principe de ce changement de nom.
Selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, le Comité Histoire et Mémoires (CHM), instance consultative créée par le conseil municipal pour éclairer la politique mémorielle de la ville, s’est prononcé en février 2026 en faveur d’un changement de nom de la rue Bugeaud. La mairie de Lyon, dirigée par le maire écologiste Grégory Doucet, a annoncé suivre cet avis. La ville indique être saisie depuis plusieurs années de demandes émanant d’habitants, d’associations et d’organisations citoyennes au sujet de cette dénomination.
Qui était le maréchal Bugeaud
Thomas Robert Bugeaud fut gouverneur général de l’Algérie au XIXe siècle. Il est notamment connu pour son rôle dans la répression de la résistance menée par l’émir Abdelkader. Les opposants à la dénomination lyonnaise mettent en avant les exactions commises sous son commandement durant la conquête de l’Algérie. La ville de Paris avait déjà rebaptisé en 2023 l’avenue Bugeaud, devenue avenue Hubert-Germain, du nom d’un Compagnon de la Libération.
Des positions partagées chez les habitants
Le projet ne fait pas l’unanimité. Selon France 3, l’Union algérienne demande depuis plusieurs mois ce changement de nom et avait déposé plainte contre Grégory Doucet après son refus initial de débaptiser la rue. À l’inverse, plusieurs centaines d’habitants ont signé une pétition pour le maintien de la dénomination actuelle. Le maire Horizons du 6e arrondissement, Samuel Soulier, petit fils du franc-maçon André Soulier, cité par Lyon Mag, critique une décision qu’il juge prise « sans consultation » suffisante et propose, pour limiter les coûts, de rattacher la rue à Pierre Bugeaud, membre du Comité national des prisonniers de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.
Un nouveau nom encore à déterminer
La municipalité entend désormais choisir un nouveau nom pour cette voie. Selon l’adjointe aux Mémoires, Aline Guitard, citée par Tribune de Lyon, la ville procédera à une présélection de noms de remplacement issus des concertations déjà menées et inscrits dans sa base de données. Plusieurs sources locales indiquent que le futur nom devrait être féminin, à l’image de la place Abbé-Pierre de la Duchère, devenue place Gisèle-Halimi.
Le calendrier précis de la débaptisation n’a pas été communiqué. Selon Le Progrès, des riverains opposés au changement ont fait part de leur intention de contester la décision. Le dossier illustre les débats récurrents autour de la politique mémorielle des collectivités et du traitement des figures liées à la période coloniale.
X-Pression Academy
Formez-vous au journalisme augmenté par l’IA
Apprenez à enquêter, écrire et produire avec les outils d’intelligence artificielle, sans rien céder sur la rigueur journalistique.