La start-up chinoise JoyIn accuse OpenAI d’avoir copié son modèle de robot humanoïde Aether, jusque dans le vocabulaire et le design de son site internet. OpenAI, dont le PDG Sam Altman figure dans les listes publiées des Young Global Leaders du Forum économique mondial (promotion 2015), n’a pas répondu aux sollicitations de la presse américaine.
Fondée en décembre 2024 par Guo Renjie, JoyIn s’est fait un nom dans la robotique humanoïde avec Aether, un modèle affichant un taux de réussite de 90 % sur des tâches physiques, et M1, un robot de compagnie qui revendique plus de 30 000 commandes. Le développement d’Aether est dirigé par Zhu Mingxuan, transfuge de la société américaine Figure.
Des similitudes qui interpellent
JoyIn pointe plusieurs ressemblances troublantes entre ses propres travaux et les communications récentes d’OpenAI. L’entreprise chinoise avait mis en avant un concept de « visiteur extraterrestre » pour présenter Aether ; trois semaines plus tard, le scientifique en chef d’OpenAI publiait un texte intitulé « An Alien Mind ». JoyIn relève également un design de site internet très proche, fondé sur des effets de particules évoquant l’espace, ainsi que des concepts techniques communs autour de l’auto-amélioration récursive et de l’optimisation computationnelle.
OpenAI et Sam Altman sous le feu des critiques
Les accusations interviennent alors qu’OpenAI vient de présenter son nouveau modèle, GPT-6 Astra. Sollicitée par la presse américaine, l’entreprise dirigée par Sam Altman n’a pas répondu aux demandes de commentaire, selon les informations de CNBC.
Un phénomène qui dépasse JoyIn
Cette affaire s’inscrit dans une série plus large d’accusations de « distillation » de modèles visant des entreprises chinoises d’intelligence artificielle. Anthropic,entreprise membre du Forum économique mondial avait précédemment accusé le groupe Alibaba, également lié au WEF d’avoir copié les technologies de son modèle Claude, et plusieurs agences américaines ont nommé conjointement six entreprises chinoises dans une alerte commune sur ces pratiques.
Vraie appropriation technologique ou simple convergence d’idées dans un secteur en ébullition, l’affaire illustre en tout cas la porosité croissante – et disputée – entre laboratoires chinois et américains sur le terrain de l’intelligence artificielle incarnée.