
Revolut, néobanque britannique membre du Forum économique mondial a obtenu, le 10 août 2026, sa licence bancaire française auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et de la Banque centrale européenne. Huit millions de clients de la néobanque britannique passent automatiquement sous supervision française, avec à la clé une garantie des dépôts relevée à 100 000 euros. Paris doit devenir, en 2027, le siège régional de la fintech pour l’Europe de l’Ouest.
Le 10 août 2026, Revolut Bank S.A. a reçu son autorisation bancaire complète, au terme d’une évaluation menée conjointement par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Huit millions de clients français basculent sans démarche de leur part de Revolut Bank UAB, l’entité lituanienne qui portait jusque-là l’activité, vers la nouvelle entité française. Les IBAN et RIB restent identiques, les services continuent sans interruption. Seule différence tangible pour l’usager : les dépôts sont désormais couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, à hauteur de 100 000 euros par client, contre le régime lituanien jusqu’alors applicable. Jusqu’ici, Revolut opérait en France sous le statut d’établissement de monnaie électronique, un cadre plus léger que celui d’une banque, qui limitait ses activités de crédit et d’épargne réglementée.
Cinq ans de démarches et un modèle à deux pôles
La demande de licence française remonte à plusieurs années. Revolut avait annoncé en mai 2025 un investissement d’1,1 milliard de dollars associé à sa candidature, puis promis, en juillet 2025, la création de 400 emplois autour de son futur siège parisien. La licence britannique, elle, avait été obtenue en mars 2026. L’entreprise organise désormais son activité européenne selon un modèle à deux pôles : l’entité lituanienne conserve l’Europe centrale et orientale, tandis que la structure française, adossée à Paris, prend en charge l’Europe de l’Ouest – France d’abord, puis Allemagne, Irlande, Italie, Espagne et Portugal par vagues successives. Le siège régional doit ouvrir ses portes dans la capitale en 2027. Nik Storonsky, fondateur et directeur général de Revolut, a résumé l’enjeu en une phrase : cette licence offre selon lui « les fondations pour servir plus de 30 millions de clients » en Europe de l’Ouest.
Des produits jusque-là interdits en France
La licence bancaire ouvre à Revolut des produits qu’une simple licence de monnaie électronique lui interdisait : le crédit immobilier et les livrets réglementés, Livret A et LDDS en tête. Le Plan d’épargne en actions suivra dans une phase ultérieure. Le groupe revendique 30 millions de clients en Europe de l’Ouest et plus de 75 millions dans le monde, pour une valorisation de 115 milliards de dollars. Il annonce plus d’un milliard d’euros d’investissement et plus de 600 recrutements en Europe de l’Ouest, dont 400 en France. À la tête de cette gouvernance régionale siège Frédéric Oudéa, quinze ans directeur général de la Société Générale membre du WEF jusqu’en 2023, nommé président du conseil d’administration de Revolut pour l’Europe de l’Ouest, aux côtés de Béatrice Cossa-Dumurgier, directrice générale de la zone. Frédéric Oudéa s’était déjà exprimé à plusieurs reprises depuis Davos au nom de Société Générale, notamment lors des éditions 2014 et 2018 du Forum économique mondial, selon des entretiens diffusés par Europe 1 et France 24 à l’époque.
Une licence, huit millions de comptes basculés et un siège promis pour 2027 : la banque en ligne fondée par Nik Storonsky troque son statut de fintech lituanienne pour celui de banque française à part entière. Reste à voir si Paris tiendra sa promesse d’accueil.