Réunion à l’Élysée : Les déclarations des responsables politiques reçus par Macron

Emmanuel Macron réunit ce vendredi 18 septembre à l’Élysée les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2027 et les chefs des partis représentés au Parlement. Convoqués sur fond de tensions internationales et de flambée des prix de l’énergie, plusieurs responsables politiques ont pris la parole avant leur entrée à l’Élysée. De Jordan Bardella à Marine Tondelier, en passant par Olivier Faure et François Bayrou, chacun arrive avec ses priorités et sa lecture de la crise.

La photo a déjà des allures d’avant-goût de la présidentielle de 2027. Ce vendredi 18 septembre, Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée une large partie des responsables appelés à jouer un rôle dans la prochaine échéance présidentielle, ainsi que les dirigeants des principaux partis représentés au Parlement.

La réunion, prévue à partir de 10h30 et organisée à huis clos, doit porter sur la « dégradation rapide » de la situation internationale et ses répercussions en France, en particulier dans les domaines de la sécurité et de l’énergie. Les tensions au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine figurent notamment au programme. La présidence a également prévu que les autorités militaires et les services de renseignement puissent partager des éléments avec les participants.

Dans ce contexte, la hausse des prix des carburants s’impose comme un sujet politique majeur. Mais avant même le début des échanges, les déclarations des invités ont permis de mesurer les divergences entre les différentes forces politiques.

Jordan Bardella réclame une baisse des taxes sur les carburants

Présent pour représenter le Rassemblement national, Jordan Bardella a choisi de placer immédiatement le pouvoir d’achat au cœur de son intervention. Marine Le Pen, candidate du RN, étant en déplacement, c’est le président du parti qui s’est rendu à l’Élysée.

Depuis la cour du palais présidentiel, Jordan Bardella a demandé à Emmanuel Macron « d’accepter une baisse des taxes sur les carburants ». Il a mis en avant les difficultés rencontrées par les automobilistes et ce qu’il qualifie de souffrances de « la France qui travaille ».

Selon le responsable du RN, le gouvernement n’aurait pas suffisamment pris la mesure des conséquences de l’envolée des prix à la pompe. Il estime que les ménages ne pourront pas durablement absorber cette augmentation. La question énergétique se transforme ainsi, dans le discours du Rassemblement national, en débat immédiat sur la fiscalité et le pouvoir d’achat.

Marine Tondelier pointe la dépendance énergétique française

Marine Tondelier arrive à l’Élysée avec une lecture différente de la crise. La dirigeante des Écologistes et candidate à la présidentielle insiste sur la dépendance énergétique de la France envers des puissances étrangères, notamment la Russie et les pays du Moyen-Orient.

Elle présente cette dépendance comme une faiblesse à la fois économique, climatique et stratégique. Selon elle, la France se retrouve dans une situation où ses besoins énergétiques peuvent l’amener à financer des États dont elle condamne par ailleurs certaines actions.

Cette prise de position inscrit la flambée des prix dans une problématique de plus long terme : celle de l’autonomie énergétique française et européenne. Marine Tondelier avait par ailleurs modifié son programme afin de participer à cette réunion organisée dans un délai particulièrement court.

Olivier Faure veut préparer la France sans la « gouverner par la peur »

Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure a lui aussi insisté sur la gravité de la situation internationale. Le premier secrétaire du PS estime que la France doit simultanément rechercher les conditions d’une paix durable et se préparer à l’hypothèse d’une aggravation des conflits.

Avant son arrivée à l’Élysée, il a jugé nécessaire de « chercher les voies d’une paix durable » tout en envisageant la possibilité d’un conflit.

Le responsable socialiste évoque l’existence de menaces importantes pour la France et l’Europe, tout en refusant que la réponse politique soit dictée par la peur. Une position qui place la recherche d’un équilibre entre préparation stratégique et diplomatie au centre de son discours.

François Bayrou juge la présence des responsables politiques indispensable

François Bayrou a, de son côté, défendu le principe même de la réunion organisée par Emmanuel Macron. Le président du MoDem considère que les responsables politiques doivent répondre à une telle convocation du chef de l’État compte tenu du contexte.

« Tout le monde se doit de répondre présent », a-t-il déclaré avant la rencontre.

L’ancien Premier ministre évoque un moment de « bouleversement » et « d’extrême danger » géopolitique, sur fond d’incertitudes européennes et de risques de crise en France. Son intervention tranche avec les réserves exprimées dans d’autres camps sur l’utilité ou les intentions politiques de la réunion.

Philippe, Attal, Retailleau, Glucksmann et Roussel également autour de la table

La liste des participants donne à la réunion une dimension politique particulière à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.

Les youngs leaders, Édouard Philippe pour Horizons, Gabriel Attal pour Renaissance, ainsi que Bruno Retailleau pour Les Républicains, Raphaël Glucksmann pour Place publique, Olivier Faure pour le Parti socialiste, Marine Tondelier pour Les Écologistes et Fabien Roussel pour le Parti communiste français font partie des principaux responsables annoncés.

À leurs côtés doivent également participer François Bayrou pour le MoDem, Hervé Marseille pour l’UDI et Éric Ciotti pour l’UDR. Cette composition est également rapportée par d’autres médias couvrant la réunion.

Deux absences sont particulièrement remarquées. Marine Le Pen a choisi de maintenir un déplacement et se fait représenter par Jordan Bardella. Jean-Luc Mélenchon n’est pas non plus présent et La France insoumise est représentée par Manuel Bompard.

La rencontre rassemble ainsi dans une même pièce une grande partie des figures déjà engagées, directement ou par l’intermédiaire de leur formation, dans la séquence politique menant à 2027.

Une réunion sur fond de crises internationales et énergétiques

Le format choisi par Emmanuel Macron rappelle les « Rencontres de Saint-Denis » lancées en août 2023, lorsque le chef de l’État avait réuni les responsables des principales formations politiques.

Cette fois, l’urgence est d’abord internationale. L’Élysée veut évoquer les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine ainsi que leurs conséquences en France sur la sécurité et l’énergie.

La situation énergétique occupe une place centrale dans les préoccupations politiques du moment. La hausse du prix des carburants nourrit les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et oblige les différentes formations à préciser leurs réponses : baisse de la fiscalité pour Jordan Bardella, réduction de la dépendance énergétique pour Marine Tondelier, recherche d’un équilibre entre diplomatie et préparation stratégique pour Olivier Faure.

Au-delà de ces divergences, les participants doivent surtout prendre connaissance d’informations présentées par les autorités militaires et les services de renseignement. Le caractère confidentiel de cette partie de la rencontre contraste avec la forte exposition politique de ses participants.

Emmanuel Macron doit s’exprimer publiquement à l’issue de la réunion. Cette prise de parole devrait permettre de préciser le diagnostic de l’exécutif sur la situation internationale et ses conséquences pour la France.

Sources :

RTL, « Situation internationale : Emmanuel Macron convoque les chefs des partis et les candidats le vendredi 18 septembre à 10h30 à l’Élysée » : consulter l’article de RTL

RTL, « On change de monde : pourquoi Emmanuel Macron convoque les candidats à la présidentielle 2027 face à la crise internationale » : consulter l’article de RTL

Le Parisien, direct consacré à la crise énergétique et à la réunion à l’Élysée : consulter le direct du Parisien