Xavier Niel, fondateur de Free, a vivement critiqué le projet d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, une mesure qu’il juge « débile ». Selon lui, les adolescents contourneront facilement la règle, notamment via des VPN, comme cela s’observe déjà en Australie. Le milliardaire estime que ce détour pourrait s’avérer plus dangereux que le mal combattu.
La perspective d’interdire l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans suscite de vives réactions. Parmi les voix critiques figure celle de Xavier Niel, fondateur de l’opérateur Free et du groupe Iliad. Sur le réseau social X, l’entrepreneur a qualifié la mesure de « débile », interrogeant l’idée que les adolescents ne disposeraient pas déjà de techniques pour la contourner, selon les propos rapportés par Clubic.
Dans une prise de parole antérieure, il avait développé son raisonnement en soulignant qu’un adolescent de douze ou treize ans confronté à une interdiction chercherait à y accéder malgré tout, de façon cachée. Pour lui, la prohibition ne supprime pas l’usage, elle le déplace hors du regard des adultes.
Le spectre du contournement par VPN
L’argument central de Xavier Niel porte sur les moyens de contournement. Il anticipe un recours massif aux réseaux privés virtuels, ces VPN qui permettent de masquer sa localisation et de simuler une connexion depuis un autre pays. Le phénomène a déjà été observé en Australie, où des mesures de restriction ont été mises en place.
Le fondateur de Free avertit surtout que la manière dont les jeunes accéderont aux contenus interdits pourrait s’avérer plus risquée. En les poussant vers des outils de contournement téléchargés dans des zones moins sûres d’internet, la réglementation exposerait les mineurs à de nouveaux dangers, plutôt que de les protéger.
Un débat sur l’efficacité de la régulation
La sortie de Xavier Niel relance la question de l’efficacité des interdictions à l’ère numérique. Les partisans d’un encadrement strict mettent en avant la protection des mineurs face aux contenus problématiques et aux mécanismes addictifs des plateformes. Les critiques, dont l’entrepreneur se fait le relais, doutent de l’applicabilité technique d’une barrière d’âge que les adolescents savent déjà déjouer.
Au-delà de la formule tranchée, le débat soulevé par Xavier Niel touche un point sensible des politiques publiques du numérique : légiférer sans garantir l’application, c’est risquer de déplacer le problème plutôt que de le résoudre. La réponse se jouera autant sur la technique que sur l’éducation aux usages.