Renard roux européen dans son habitat naturel

Renards : l’abattage d’une famille émeut le Val-de-Marne

Quatre renards, dont deux renardeaux, ont été abattus à Champigny-sur-Marne après le classement du renard comme nuisible dans le Val-de-Marne. Cette décision ministérielle, publiée au Journal officiel le 21 août 2026, autorise l’abattage de l’animal dans tout le département, y compris hors période de chasse. L’histoire, relayée par l’association Faune Alfort, a ému plusieurs milliers de personnes sur les réseaux sociaux, rapporte Le Parisien.

Une famille de renards a été tuée sur le territoire de Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, selon les informations publiées par Le Parisien le 23 août 2026. Quatre canidés figurent parmi les animaux abattus, dont deux renardeaux, précise le quotidien. L’histoire a été racontée par l’association Faune Alfort sur ses réseaux sociaux, où elle a ému plusieurs milliers de personnes qui ont pu la lire, rapporte Le Parisien.

Un classement nuisible tout juste entré en vigueur

L’abattage intervient deux jours seulement après un changement de statut administratif de l’animal dans le département. Selon Le Parisien, une décision ministérielle publiée au Journal officiel le vendredi 21 août 2026 a classé le renard comme nuisible dans le Val-de-Marne. Cette décision permet l’abattage de l’animal sur l’ensemble du département, y compris en dehors de la période légale de chasse, précise le quotidien.

Ce type de classement, désigné administrativement par l’acronyme ESOD pour espèce susceptible d’occasionner des dégâts, est en principe révisé chaque année, département par département, en fonction des dégâts constatés sur les activités agricoles ou sur d’autres espèces.

Faune Alfort monte au créneau

L’association Faune Alfort, spécialisée dans la protection des espèces sauvages, soigne de très nombreux animaux blessés et plusieurs dizaines de renards chaque année dans le Val-de-Marne, selon Le Parisien. Après la mort des quatre canidés de Champigny-sur-Marne, elle a fait de la contestation du classement du renard comme nuisible un axe de mobilisation. Sur les réseaux sociaux, elle a résumé son sentiment en une phrase reprise en titre par Le Parisien : « On aurait pu et on aurait dû les sauver. »

Un débat qui dépasse le Val-de-Marne

La décision val-de-marnaise s’inscrit dans un mouvement plus large. Un arrêté ministériel classant plusieurs espèces, dont le renard et la martre, comme susceptibles d’occasionner des dégâts a été publié au Journal officiel le 21 août 2026 et doit s’appliquer jusqu’au 30 juin 2029, selon des informations relayées par le site spécialisé Aujardin.info. Ce texte autorise, dans de nombreux départements, l’abattage de ces espèces sans limite de quotas, et maintient l’autorisation du déterrage du renard toute l’année dans plusieurs territoires ruraux, selon la même source.

Ce cadre réglementaire fait l’objet de contestations récurrentes devant les tribunaux administratifs. L’association Aspas revendique une vingtaine de décisions favorables obtenues ces dernières années contre des arrêtés préfectoraux autorisant le tir de nuit du renard, notamment en Seine-et-Marne, dans la Somme, le Pas-de-Calais ou dans le Val-d’Oise. Le tribunal administratif de Melun avait par exemple jugé, le 3 mai 2021, qu’un préfet n’avait fourni aucun élément justifiant spécifiquement la nécessité d’autoriser le tir de nuit du renard, au regard de l’article L.427-6 du code de l’environnement. Ces victoires, ponctuelles, ne remettent toutefois pas en cause le classement de l’espèce comme nuisible dans les départements concernés, l’animal restant soumis au tir de jour, au piégeage et au déterrage.

Quelle suite pour le dossier val-de-marnais

Dans le Val-de-Marne, Le Parisien ne fait pas état, au moment de la publication de son article, d’une procédure judiciaire déjà engagée par Faune Alfort contre la décision ministérielle applicable au département. L’association a pour l’instant privilégié la voie de la mobilisation publique, en s’appuyant sur le récit détaillé des quatre renards de Champigny-sur-Marne pour alerter l’opinion sur les conséquences concrètes du classement.

Le bilan documenté à ce stade reste celui d’une seule commune : quatre renards morts, dont deux renardeaux, à Champigny-sur-Marne. Combien d’autres familles suivront le même sort ailleurs dans le département avant l’échéance de l’arrêté, fixée au 30 juin 2029, reste à ce jour sans réponse. Selon Le Parisien, le classement du renard comme nuisible s’applique en effet à l’ensemble du département, et non à la seule commune de Champigny-sur-Marne.

Quatre corps, deux petits, une signature au bas d’un arrêté publié un vendredi de fin août : dans un département où le renard croise plus souvent le bitume que les champs, la frontière entre sauvage et nuisible tient parfois à une date au Journal officiel. Faune Alfort promet, elle, de ne pas la laisser filer en silence.


Source : Le Parisien — https://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/on-aurait-pu-et-on-aurait-du-les-sauver-labattage-dune-famille-de-renards-emeut-le-val-de-marne-23-08-2026-YXHT4F5KT5GVZNW77X7O33645M.php