Siège du Comité international olympique (CIO) à Lausanne, en Suisse

Réintégration des athlètes russes : la France exprime son regret

La réintégration des athlètes russes aux Jeux Olympiques suscite une vive réaction de la France. Le Comité international olympique (CIO) a levé mardi 7 juillet 2026 une partie des restrictions imposées aux sportifs russes depuis l’invasion de l’Ukraine, leur ouvrant la voie vers les JO 2028 de Los Angeles, y compris dans les épreuves par équipes. Paris a aussitôt exprimé son “profond regret” face à une décision jugée prématurée par Kiev.

Réunie à Lausanne, la commission exécutive du CIO a annoncé la levée partielle des sanctions visant les sportifs russes. Plus de quatre ans après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les athlètes russes pourront désormais viser une qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, y compris dans les sports collectifs, jusqu’ici exclus des assouplissements précédents.

“Nous voulions garantir à tous les athlètes la possibilité de participer aux Jeux olympiques et de ne pas être tenus responsables des actes de leur gouvernement”, a déclaré Kirsty Coventry, la présidente du CIO, citée par l’AFP. La réintégration reste toutefois encadrée : contrairement aux athlètes bélarusses, pleinement réintégrés début mai, les Russes ne retrouveront pas immédiatement leur hymne ni leur drapeau. Le CIO indique se prononcer “en temps voulu” sur l’usage de ces symboles lors des Jeux. Un suivi antidopage renforcé, sous la surveillance de l’Agence de contrôles internationale (ITA), sera également imposé à chaque athlète russe souhaitant reprendre la compétition internationale.

La France exprime son “profond regret”

Le gouvernement français a réagi sans délai par la voix de sa ministre des Sports et de la Jeunesse, Marina Ferrari. Selon des propos rapportés par franceinfo et CNews, la ministre a indiqué que “la France exprime son profond regret face à une décision qui tend à normaliser la situation actuelle en dépit de sa gravité”.

Marina Ferrari a rappelé que cette décision intervenait alors que “la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine se poursuit, en violation du droit international, et continue de faire chaque jour de nouvelles victimes”. La ministre a annoncé vouloir “réaffirmer sa vigilance concernant le respect des principes fondamentaux qui sous-tendent le sport international”, en insistant sur la nécessité de garanties “pleinement assurées” en matière d’équité sportive, d’intégrité des compétitions et de lutte antidopage. Elle a également indiqué vouloir engager “sans délai un dialogue avec l’ensemble de nos partenaires européens” et demander l’inscription de ce dossier à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres européens des Sports.

Kiev dénonce une décision “prématurée”, Moscou s’en félicite

La réaction ukrainienne a été sans appel. Le Comité olympique ukrainien a jugé la décision du CIO “prématurée, infondée et adoptée sans tenir compte des circonstances objectives qui restent inchangées”, rappelant que “la Russie poursuit son agression armée à grande échelle contre l’Ukraine”.

À l’inverse, la Russie a salué ce geste. Le ministre des Sports russe et président du Comité olympique russe, Mikhaïl Degtyarev, s’est félicité sur Telegram que le mouvement olympique “reste en dehors de la politique”. L’organisation Global Athlete, qui défend les intérêts des sportifs, a de son côté regretté que “des violations flagrantes et répétées de la Charte olympique n’entraînent aucune conséquence”, visant aussi bien les scandales de dopage que l’invasion de l’Ukraine.

Un retour fragmenté selon les disciplines

La portée de la décision du CIO reste toutefois limitée par les positions divergentes des fédérations internationales. Selon Pierre Ducrey, directeur des Sports au sein du CIO, le retour des athlètes russes dans le sport mondial va se poursuivre dans un “paysage fracturé”. World Athletics, qui régit l’athlétisme mondial, a ainsi maintenu vendredi dernier l’exclusion totale des sportifs russes et bélarusses, estimant qu’aucune “avancée concrète vers des négociations de paix” ne s’était matérialisée.

À l’inverse, les fédérations internationales de judo et de natation avaient déjà pleinement réintégré les athlètes des deux pays, respectivement en novembre et en avril, tout comme l’avait fait le Comité international paralympique pour les Jeux de Milan-Cortina. Le CIO précise par ailleurs qu’il n’organisera pas d’événements en Russie et n’invitera pas de représentants de l’État russe, tout en indiquant suivre “de près” les activités du Comité olympique russe dans les territoires ukrainiens occupés.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement progressif engagé par le CIO depuis mars 2023, après un bannissement total décrété au lendemain de l’invasion de février 2022. À deux ans des Jeux de Los Angeles, la question du drapeau et de l’hymne russes reste en suspens, et les prochaines discussions au sein des instances sportives européennes, promises par la ministre française, pourraient peser sur la suite du dossier.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/sports/jeux-olympiques/jeux-olympiques-la-france-exprime-son-profond-regret-au-sujet-de-la-reintegration-des-athletes-russes-20260708