Rappeur Maes : de sept ans à un an, la peine fond en appel

Le rappeur Maes a vu sa peine réduite de sept ans à un an de prison ferme par la cour d’appel de Tanger, dans la nuit du 5 au 6 novembre. Poursuivi pour une tentative d’enlèvement et de séquestration à Marrakech, il a déjà passé près de 22 mois en détention. Sa sortie de prison pourrait intervenir rapidement, sous réserve des formalités.

Le 25 novembre 2025, le tribunal de première instance avait condamné Walid Georgey, alias Maes, à sept ans de prison ferme. Un an plus tard, la chambre criminelle d’appel de Tanger infirme. La peine est ramenée à un an, rapporte le site marocain H24info. Le chef de constitution d’une bande criminelle est écarté pour six des onze personnes poursuivies, dont le rappeur.

Le calcul est vite fait. Arrêté en janvier 2025, Maes a déjà effectué près de 22 mois de détention provisoire, soit presque deux fois sa nouvelle peine. Sa remise en liberté dépend désormais des formalités judiciaires et de l’absence d’une autre procédure à son encontre.

Un différend d’argent à Marrakech

Le dossier part d’un litige. Le rappeur franco-marocain est soupçonné d’avoir incité à enlever une personne à Marrakech, sur fond de désaccord sur le partage des recettes d’un événement musical, selon Yabiladi. D’après les débats, des suspects se sont rendus sur place et ont intercepté leur cible avant l’intervention des forces de sécurité. Devant la cour, Maes a reconnu l’existence d’un différend avec la victime visée. Les autres prévenus ont nié toute implication criminelle.

Le rappeur originaire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, avait été interpellé à l’aéroport Mohammed-V de Casablanca, à sa descente d’un vol venu de Dubaï, où il résidait depuis 2022. Selon Yabiladi, il voyageait à bord d’un jet privé, et son interpellation s’est faite en exécution d’un mandat. Il est depuis resté en détention provisoire jusqu’à l’audience d’appel, soit près de vingt-deux mois derrière les barreaux pour un dossier finalement sanctionné d’un an.

Des peines allégées, une facture alourdie

L’allègement profite à presque tous les coaccusés. Le principal, désigné par ses initiales M.L., passe de dix à quatre ans de prison ferme. Un autre voit sa peine de sept ans ramenée à quatre. Trois prévenus condamnés à cinq ans écopent désormais d’un an, un autre de dix-huit mois. Un dernier est relaxé et récupère ses biens saisis, dont une BMW.

Le volet financier suit le chemin inverse. Pour trois coaccusés, la condamnation solidaire au profit de l’administration des douanes passe de 23,6 à 29,5 millions de dirhams, selon H24info.

Un parcours judiciaire des deux côtés de la Méditerranée

Le dossier marocain n’est pas le seul. En France, Maes a été condamné par défaut en octobre 2023 à dix mois de prison pour des violences en réunion liées à une agression de 2018, rappelle Yabiladi. Il avait déjà purgé une peine de prison en 2015 pour des faits de même nature. Il affirme avoir quitté la France à cause de menaces et de tentatives d’extorsion.

Le jugement d’appel ne referme pas tous les dossiers. Il dit seulement que, sur les faits de Marrakech, la justice marocaine ne retient plus la bande organisée contre le rappeur, et qu’elle juge la peine purgée bien au-delà de ce qui est désormais prononcé. Il ne dit rien, en revanche, des procédures qui le visent en France, où sa situation judiciaire reste pendante.

Sept ans requis par le premier juge, un an retenu par le second. Entre les deux, vingt-deux mois de cellule déjà consommés.


Sources : TF1 Info ; H24info, Yabiladi.