Une raffinerie de pétrole à Moscou

Raffineries russes : l’Ukraine vise trois sites et un complexe gazier

Les raffineries russes sont de nouveau dans le viseur de Kiev. Vendredi 30 octobre, l’Ukraine a frappé trois raffineries et un complexe gazier en Russie, a reconnu le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak. Deux hommes ont été tués dans la région de Samara, à environ 800 kilomètres de la frontière. Ces frappes interviennent malgré le cessez-le-feu énergétique annoncé unilatéralement par Donald Trump à la mi-octobre.

C’est Moscou qui l’annonce. Interrogé par la télévision publique russe, Alexandre Novak reconnaît que les attaques contre les raffineries ont repris après une pause de quelques jours, selon l’AFP. Trois raffineries et un complexe gazier ont été visés. Il ne précise pas où.

Le responsable russe minimise : un seul site aurait subi des dégâts mineurs, et la défense antiaérienne aurait globalement fonctionné. Le média indépendant russe Astra montre une autre image, celle d’épaisses fumées noires au-dessus d’une raffinerie de la région de Samara.

Deux morts à Samara

Le gouverneur de la région de Samara, Viatcheslav Fedorichtchev, a annoncé sur la messagerie MAX la mort de deux hommes lors d’une attaque de drones ukrainiens. Samara se trouve à environ 800 kilomètres de la frontière ukrainienne. La distance dit la portée atteinte par les drones de Kiev.

Assécher la caisse de guerre

La stratégie ukrainienne est constante. Depuis l’invasion à grande échelle de février 2022, et en réponse aux frappes russes sur ses propres infrastructures énergétiques, Kiev attaque régulièrement les sites industriels russes. L’objectif : réduire les revenus pétroliers qui financent l’effort de guerre du Kremlin. Chaque raffinerie touchée, c’est du carburant en moins sur le marché intérieur et des devises en moins à l’export.

Trump, le pétrole et les élections

Ces frappes contrarient Washington. Donald Trump a récemment critiqué ces attaques, estimant qu’elles aggravent la hausse des prix des hydrocarbures, déjà tirés vers le haut par la guerre en Iran lancée par les États-Unis et Israël, selon l’AFP. Mi-octobre, il avait annoncé seul un cessez-le-feu énergétique entre l’Ukraine et la Russie. Les frappes, elles, n’ont pas cessé.

Ce mois-ci, Donald Trump a aussi conclu avec Vladimir Poutine un accord assouplissant les sanctions contre Moscou en échange de la mise sur le marché mondial de diesel russe. Une mesure destinée, selon l’AFP, à faire baisser les prix à la pompe aux États-Unis avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. L’Ukraine et ses alliés l’ont vivement critiquée.

Le carburant russe sous pression

Les frappes ukrainiennes ont déjà eu des effets visibles en Russie. En 2025, les attaques répétées contre les raffineries avaient provoqué des pénuries d’essence dans plusieurs régions, obligeant les autorités à restreindre les exportations de carburant. Chaque nouvelle vague rappelle la vulnérabilité d’un appareil industriel étendu sur des milliers de kilomètres.

Le choix de la messagerie MAX par le gouverneur de Samara n’est pas anodin non plus. Cette application, promue par l’État russe comme alternative nationale aux messageries étrangères, est devenue un canal officiel de communication des autorités régionales.

Washington veut du diesel russe moins cher, Kiev veut des raffineries russes à l’arrêt. Les raffineries russes sont devenues le point où se croisent la guerre d’Ukraine et la campagne électorale américaine.


Source : La Libre Belgique – https://www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2026/10/30/lukraine-attaque-trois-raffineries-et-un-complexe-gazier-en-russie-3C7B65O4NNEAVN4MJWOAUJWITA/