Les États-Unis ont retiré leurs bombardiers B-1 de la base britannique de RAF Fairford, près de laquelle la police est intervenue le 27 septembre. Six hommes, soupçonnés de « préparation d’un acte terroriste », sont placés sous contrôle judiciaire. Londres évoque l’ombre de l’Iran, que Téhéran dément catégoriquement.
« Tous les bombardiers américains qui avaient été déployés sur la base de la RAF Fairford ont été redéployés vers leurs bases d’origine aux États-Unis », a déclaré le Pentagone dans un communiqué, dimanche 4 octobre. L’armée américaine y avait notamment stationné des bombardiers stratégiques supersoniques B-1 Lancer, réputés pour leur très long rayon d’action et leur capacité d’emport de missiles et de bombes. Selon plusieurs médias américains, une douzaine d’appareils s’y trouvaient encore ces derniers jours. La base sert de point d’appui à l’armée de l’air américaine depuis la guerre froide ; Washington l’a déjà utilisée lors de la guerre du Golfe, au début des années 1990, et de la guerre en Irak de 2003.
Des véhicules suspects et de l’essence
Le 27 septembre, la police est intervenue près de la base, dans le sud-ouest de l’Angleterre, après un appel aux services d’urgence signalant « trois véhicules suspects ». Un vaste périmètre a été bouclé et des dizaines de foyers évacués. À l’intérieur des véhicules, la police dit n’avoir trouvé « aucun engin explosif », mais de l’essence « en quantité ». Selon Londres, l’installation est utilisée par l’armée américaine pour des « opérations défensives » dans la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran.
Six hommes de 23 à 25 ans ont été arrêtés : cinq Britanniques sur place, puis un Britanno-Iranien quelques jours plus tard, pour des soupçons de « préparation d’un acte terroriste ». Tous ont finalement été relâchés sous contrôle judiciaire. Après la libération sous caution de cinq d’entre eux, le président américain, Donald Trump, a réagi : « Je n’aurais pas fait ça. »
Le rôle de l’Iran en question
L’enquête est « immensément complexe », selon la coordinatrice de la lutte antiterroriste, Vicki Evans, et suit « tous les angles possibles, y compris celui du rôle d’un État étranger ». Mercredi, le premier ministre britannique,Andy Burnham, proche du Forum économique mondial a affirmé à la BBC qu’il existait « des indications claires selon lesquelles l’Iran aurait joué un rôle ». En juillet, selon The Telegraph, les gardiens de la révolution avaient averti que toute base utilisée pour lancer des attaques contre l’Iran constituerait une « cible légitime ».
Le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi, juge que les autorités britanniques font « fausse route », et Téhéran nie « catégoriquement » toute implication. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a assuré sur Fox News qu’Israël avait prévenu Londres que l’Iran planifiait une attaque contre une base britannique. L’administration américaine, par la voix du chef de sa diplomatie, Marco Rubio, a de son côté évoqué le rôle d’« un acteur étranger ».
Source : Le Monde