Salle d'audience de la cour d'assises au palais de justice de Paris

Procès Athanor : les fondateurs francs-maçons condamnés à 25 et 30 ans de prison

La cour d’assises spécialement composée de Paris a prononcé, vendredi 17 juillet 2026, des peines allant de six mois de prison avec sursis à 30 ans de réclusion criminelle contre 17 des 22 accusés du procès Athanor, du nom de cette officine criminelle née au sein d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine. Les deux fondateurs francs-maçons du réseau, Daniel Beaulieu et Frédéric Vaglio, ont écopé des peines les plus lourdes, tandis que cinq accusés ont été acquittés.

Selon La Dépêche, l’affaire dite Athanor tire son nom d’une officine criminelle qui s’est constituée au sein d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine, qualifiée de « dévoyée » par l’accusation. Le réseau réunissait notamment des policiers, des chefs d’entreprise et des militaires rattachés à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), unis par ce que la cour a qualifié d’« alliance inattendue ». Le catalogue de ce qui fonctionnait comme une véritable entreprise commerciale comprenait un meurtre, plusieurs tentatives d’assassinat, des passages à tabac et des vols, réalisés au fil de huit années d’existence, jusqu’à la chute du groupe en juillet 2020.

Trente ans de réclusion pour les deux fondateurs francs-maçons

Les peines les plus lourdes ont été prononcées contre les deux fondateurs de l’officine. Daniel Beaulieu, ancien agent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue depuis la DGSI), a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Frédéric Vaglio, chef d’entreprise et frère de loge de Daniel Beaulieu, chargé selon l’accusation de décrocher les contrats criminels du réseau, a écopé de 25 ans. La cour a suivi les réquisitions du parquet général à l’encontre des deux hommes, qui revendiquaient tous deux une appartenance, passée ou actuelle, aux services de renseignement, et promettaient une forme d’impunité à leurs exécutants comme à leurs clients.

Un exécutant condamné au-delà des réquisitions du parquet général

Sébastien Leroy, présenté comme le principal exécutant des contrats criminels de l’officine, a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle, soit cinq ans de plus que les 22 ans requis par le parquet général. Âgé de 36 ans, il avait été recruté par Daniel Beaulieu pour mener des dizaines de missions « hors cadre », en réalité totalement imaginaires, dont l’élimination d’une prétendue agente du Mossad qui s’est révélée être une simple coach en entreprise.

Des acquittements marquants, dont le couple à l’origine du dossier

Cinq des 22 accusés ont été acquittés par la cour d’assises spéciale. Parmi eux, Dylan Bilheude, 33 ans, contre lequel le parquet général avait requis 20 ans de réclusion criminelle, a bénéficié du doute. Ses avocats, Mes Pierre Vinot et Victor Zagury, ont salué une décision « vertigineuse », estimant que les éléments du dossier permettaient depuis le début d’établir l’innocence de leur client. Le couple formé par Alain et Nancy Maarek, un médecin et une ingénieure qui avaient fait appel à l’officine pour récupérer une créance de 100 000 euros, a également été acquitté, la cour ayant estimé qu’ils n’avaient « pas donné instruction » de commettre le meurtre du pilote Laurent Pasquali, leur débiteur. Leurs avocates, Mes Clarisse Serre et Daphnée Pugliesi, se sont dites « extrêmement soulagées », au terme de six années de procédure judiciaire.

La chute du réseau et les derniers mots de Daniel Beaulieu

C’est l’arrestation de deux militaires rattachés à la DGSE, Pierre Bourdin et Carl Esnault, interpellés au pied de leur domicile en juillet 2020, qui a mis fin aux agissements de l’officine. Ses revenus, qualifiés de modestes par l’accusation, ont été estimés à 210 000 euros en huit années d’existence. Carl Esnault, condamné à 9 ans de réclusion criminelle contre 13 ans requis, avait expliqué qu’il pensait agir pour la DGSE sans connaître l’ensemble de la mission, en vertu du principe de cloisonnement propre à l’institution militaire. Pierre Bourdin a pour sa part été condamné à 12 ans, alors que le parquet général avait requis 15 ans à son encontre. Lors de ses derniers mots, Daniel Beaulieu, en fauteuil roulant depuis une tentative de suicide en détention et resté quasiment silencieux pendant les débats, s’est levé, soutenu par trois policiers, pour lancer : « Pardon à la France que j’ai servie » et « aux victimes, pour ce que j’ai fait, accepté de faire, laissé faire ».

Le verdict du procès Athanor met un terme à six années de procédure autour d’un système inédit mêlant loge maçonnique, services de renseignement et grand banditisme. Reste à savoir si certains des condamnés feront appel de ce jugement.

Source : La Dépêche – https://www.ladepeche.fr/2026/07/17/proces-athanor-les-francs-macons-a-la-tete-de-lofficine-criminelle-condamnes-a-25-et-30-ans-de-reclusion-13473497.php