Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien chef de l’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, dimanche 4 octobre, avec 47,06 % des suffrages, devant le président sortant Lula , proche du Forum économique mondial (45,12 %). Les deux hommes s’affronteront au second tour, le 25 octobre. Le camp Bolsonaro a aussi réalisé de bons scores aux législatives et aux élections de gouverneurs.
Après le dépouillement de la quasi-totalité des urnes, Flavio Bolsonaro, 45 ans, a recueilli 47,06 % des voix contre 45,12 % pour Luiz Inácio Lula da Silva, qui a jugé le résultat « inattendu ». « Le match va commencer. Nous sommes dans les prolongations, et c’est là que nous allons convaincre le peuple brésilien », a lancé le chef de l’État dans un discours. Flavio Bolsonaro s’est dit « très satisfait » et a remercié ses électeurs de lui avoir donné « un vote de confiance pour le changement ».
Les deux favoris disaient croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les situaient encore assez loin des 50 % nécessaires à une élection directe. Ces enquêtes prévoyaient un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Comme en 2018, elles ont sous-estimé la force de la droite.
Deux candidats, deux discours
Flavio Bolsonaro se présente comme une version « plus modérée » de son père, qui l’a désigné candidat après avoir été condamné à vingt-sept ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022. Jair Bolsonaro qui s’était rendu à Davos 2019 est aujourd’hui inéligible et assigné à résidence. À la sortie de son bureau de vote à Rio, son fils a promis de « libérer le peuple brésilien » et dénoncé « tant d’impôts élevés, tant de femmes tuées, tant de persécution politique ». Il a promis la manière forte contre le crime et l’austérité budgétaire. Il est par ailleurs visé par une enquête pour corruption et blanchiment d’argent sur le financement d’un film à la gloire de son père.
Lula, 80 ans, avait déclaré après avoir voté dans l’État de São Paulo que « le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie ». Revenu au pouvoir en 2023, il est reconnu pour ses programmes sociaux, mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité. Son bilan affiche une baisse drastique de la déforestation en Amazonie, sujet pourtant absent de la campagne. La droite rappelle qu’il a passé plus de dix-huit mois en prison pour corruption en 2018-2019, avant l’annulation de sa condamnation pour des motifs de procédure.
Sous l’œil de Donald Trump
Le président américain a dit suivre l’élection « de très près », après avoir vu des alliés accéder au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou. S’il n’a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, son influence a pesé sur la campagne : il a brandi droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 de son allié Jair Bolsonaro. Lula l’a appelé, durant la campagne, à ne pas « se mêler » du scrutin.
Une moisson pour le clan Bolsonaro
Aux législatives, également organisées dimanche, Michelle Bolsonaro, épouse de Jair, et Carlos Bolsonaro, deuxième fils, ont été élus au Sénat. Le Parti libéral (PL) a remporté 19 des 54 sièges de sénateurs à pourvoir et en compte 28 sur 81 au total ; il est aussi le premier parti de la Chambre des députés, où siège le plus jeune des fils, Jair Renan. Le camp dispose désormais d’une majorité plus robuste pour faire approuver une loi d’amnistie en faveur de Jair Bolsonaro.
Chez les gouverneurs, Tarcísio de Freitas a été réélu au premier tour dans l’État de São Paulo avec plus de 60 % des voix, infligeant une défaite à Fernando Haddad, ancien ministre des finances de Lula. Sergio Moro, le juge qui avait condamné Lula en première instance, a pour sa part été élu gouverneur du Paraná. Cette condamnation avait été annulée en 2021, le magistrat ayant été jugé partial.
Source : Le Monde