Présidentielle 2027 : Natacha Polony annonce sa candidature et veut bousculer le paysage politique

La journaliste et essayiste Natacha Polony a officialisé, mercredi 14 octobre, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Revendiquant un souverainisme de gauche, l’ancienne directrice de la rédaction de Marianne entend défendre la souveraineté économique, relancer la production française et fédérer les électeurs qui ne se reconnaissent plus dans les formations politiques traditionnelles.

La course à l’élection présidentielle de 2027 accueille une nouvelle personnalité issue du monde médiatique. Invitée de France Inter ce mercredi 14 octobre 2026, Natacha Polony a confirmé son intention de briguer l’Élysée. Une décision qui prolonge le lancement de son mouvement politique en septembre et traduit sa volonté de proposer une alternative aux forces déjà engagées dans la compétition présidentielle.

L’ancienne directrice de la rédaction de l’hebdomadaire Marianne, aujourd’hui à la tête de la revue L’Audace, affirme vouloir “perturber le jeu politique” et rassembler ceux qu’elle présente comme les “orphelins de la politique”. Son ambition affichée consiste à dépasser les clivages partisans habituels autour d’un projet centré sur l’indépendance nationale et la reconstruction économique.

Une candidature née d’un constat de crise politique

Pour justifier son entrée dans la compétition présidentielle, Natacha Polony dresse un tableau particulièrement préoccupant de la situation française. Elle évoque une accumulation de difficultés économiques, sociales et internationales, dans un contexte marqué, selon elle, par une crise de la dette et une dégradation de la capacité du pays à répondre aux défis contemporains.

La journaliste dénonce également ce qu’elle considère comme les insuffisances de la classe politique actuelle. Elle résume son diagnostic à travers quatre notions : l’impuissance, l’illisibilité, l’irresponsabilité et l’incapacité à inscrire l’action publique dans le temps long.

Face à cette situation, elle estime que son engagement répond à une nécessité politique plutôt qu’à une ambition personnelle. Une manière de présenter sa candidature comme la conséquence d’un constat sur l’état du pays.

Natacha Polony refuse par ailleurs de considérer sa démarche comme une simple candidature de témoignage. À ses yeux, la multiplication des prétendants à l’Élysée ne suffit pas à répondre au sentiment de blocage politique.

Sans les nommer explicitement, elle fait notamment référence à La France insoumise et au Rassemblement national, deux formations dont les propositions seraient, selon son analyse, perçues comme sources de divisions par une partie importante de la population.

Elle critique également les responsables ayant déjà exercé le pouvoir, estimant que leurs orientations politiques ont été expérimentées sans parvenir à enrayer le déclin qu’elle décrit.

Souveraineté économique et production française au cœur du programme

La dimension économique occupe une place centrale dans les premières propositions présentées par Natacha Polony. Se réclamant du souverainisme de gauche, elle entend remettre la production nationale au centre des politiques publiques.

Son diagnostic repose sur l’idée que la France a progressivement perdu une partie de sa puissance économique, de son indépendance industrielle et de sa capacité à décider souverainement de ses orientations.

Pour inverser cette tendance, elle défend une politique de production destinée à favoriser l’activité sur le territoire français et à renforcer les ressources publiques.

Parmi les mesures avancées figure la priorité accordée aux produits fabriqués en France dans la commande publique. L’objectif annoncé consiste à utiliser les achats des administrations et des organismes publics comme un levier de soutien à l’économie nationale.

Cette orientation s’accompagne d’une volonté de revoir les aides accordées aux entreprises. Natacha Polony propose de supprimer les dispositifs de soutien qui ne seraient pas conditionnés à une production effective sur le territoire français.

La mesure traduirait une évolution dans l’attribution des financements publics, en faisant de l’ancrage productif national un critère déterminant.

À ce stade, les modalités juridiques, budgétaires et opérationnelles de ces propositions n’ont pas été détaillées dans les déclarations rapportées. Leur application devrait notamment tenir compte des règles encadrant les marchés publics et les aides économiques.

Une campagne qui doit encore franchir l’obstacle des parrainages

Si Natacha Polony affiche sa détermination à participer au scrutin présidentiel, plusieurs questions restent ouvertes concernant l’organisation de sa campagne.

Interrogée sur les soutiens nécessaires pour officialiser sa candidature, elle n’a pas indiqué combien de promesses de parrainage elle avait déjà recueillies.

Le système français impose aux candidats à l’élection présidentielle de réunir 500 présentations d’élus habilités, selon des règles de répartition géographique précises. Cette étape constitue une condition indispensable à la validation d’une candidature par le Conseil constitutionnel.

Natacha Polony critique ce mécanisme, qu’elle juge aberrant, tout en affirmant disposer de 60 000 soutiens à sa démarche politique.

Ce chiffre, avancé par la candidate, ne correspond toutefois pas aux parrainages officiels exigés pour accéder au premier tour de l’élection.

La journaliste reconnaît également que les candidatures sont déjà nombreuses, mais considère que cette diversité apparente n’a pas permis de résoudre les difficultés politiques qu’elle identifie.

De Marianne à la présidentielle, un parcours entre journalisme et engagement politique

La candidature de Natacha Polony marque une nouvelle étape dans un parcours construit à la croisée du journalisme, de l’essai politique et du débat public.

Elle s’est notamment fait connaître du grand public grâce à sa participation à l’émission On n’est pas couché, présentée par Laurent Ruquier sur France 2, entre 2011 et 2014. Ses interventions dans ce programme ont contribué à installer sa notoriété dans le paysage audiovisuel français.

Devenue ensuite une figure régulière des émissions politiques à la télévision et à la radio, elle a également publié de nombreux essais consacrés aux transformations de la société française, à l’éducation et aux enjeux politiques.

Son passage à la direction de la rédaction de Marianne a renforcé son association avec une ligne souverainiste, critique des élites et opposée au libéralisme économique.

Cette orientation s’inscrit dans une tradition politique qui entend conjuguer attachement à la souveraineté nationale, intervention de l’État dans l’économie et défense des capacités productives françaises.

L’engagement politique de Natacha Polony n’est cependant pas totalement inédit.

Au début des années 2000, elle s’était rapprochée de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre et figure du courant républicain souverainiste. Cette proximité l’avait conduite à se présenter aux élections législatives de 2002 à Paris.

Plus de vingt ans après cette première expérience électorale, elle choisit donc de revenir directement sur le terrain politique, cette fois à l’échelle nationale.

Avec sa déclaration du 14 octobre 2026, Natacha Polony entend transformer les positions qu’elle défend depuis plusieurs années dans les médias en un projet présidentiel. La constitution de son organisation de campagne, la présentation d’un programme détaillé et la collecte des parrainages détermineront désormais les prochaines étapes de cette candidature.

Source : Le Monde, France Info.