Matthieu Pigasse affirme être disponible pour porter une candidature à gauche en 2027 si son camp le juge nécessaire. Le banquier d’affaires défend une ligne sociale ambitieuse, entre hausse du Smic, police de proximité, Europe assumée et maintien du nucléaire.
Matthieu Pigasse ancien de la Banque Lazard, membre du Forum économique mondial qui a travaillé avec les contributeurs de l’agenda 2030 Dominique Strauss–Kahn et Laurent Fabius quand ils étaient à Bercy dans les gouvernements de Lionel Jospin à la fin des années 1990 entre dans le champ présidentiel avec prudence, mais sans détour. Dans un entretien à l’AFP repris par plusieurs médias, le patron de Radio Nova et homme d’affaires de 58 ans dit être « prêt » si la gauche devait avoir besoin de lui pour l’élection présidentielle de 2027. Il se présente comme le possible visage d’une « gauche radicale de gouvernement », à distance d’une social-démocratie qu’il juge désormais insuffisante.
Son projet s’articule autour d’une rupture économique nette avec les années Macron. Matthieu Pigasse plaide notamment pour une hausse de 20 % du Smic, qui porterait le salaire minimum à 1 773 euros net, selon les chiffres avancés dans l’entretien. Il défend aussi la fin de la politique de l’offre et revendique l’héritage du gouvernement Jospin, citant la CMU, les 35 heures et une gestion des finances publiques jugée solide.
Sur la sécurité, il cherche à déplacer le débat à gauche. Pour lui, protéger les plus vulnérables suppose aussi de répondre à l’insécurité physique, en plus de l’insécurité économique. Il propose ainsi de rétablir la police de proximité, créée sous Lionel Jospin puis supprimée sous Nicolas Sarkozy.
Auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur le financement privé des politiques publiques, le banquier d’affaires a indiqué vouloir créer la Fondation Combat, une structure distincte de son groupe Combat Média. Selon lui, cette fondation aurait pour vocation d’accompagner financièrement des associations, sans intervenir dans le champ politique et sans solliciter de financements publics.
Matthieu Pigasse refuse toutefois d’être assimilé à La France insoumise. Il revendique un engagement européen clair et défend le maintien du nucléaire, deux marqueurs qui le distinguent de Jean-Luc Mélenchon. Il critique aussi la ligne de Raphaël Glucksmann, jugée trop centriste, et appelle le Parti socialiste à jouer un rôle moteur dans une gauche qu’il veut unie.
Reste une difficulté politique majeure : son profil de banquier d’affaires multimillionnaire. L’intéressé s’en défend, estimant que connaître le système est aussi une condition pour le transformer. Il affirme travailler avec une équipe, sans avoir encore lancé d’association de financement, préalable indispensable à une campagne présidentielle.
Sources :
Libération / AFP – lien
Le Parisien / AFP – 11 juin 2026
