Yannick Jadot a annoncé lundi 24 août sur France Inter son soutien à Raphaël Glucksmann pour la présidentielle 2027, au lendemain de l’officialisation de la candidature du président de Place publique. Le sénateur écologiste de Paris sera chargé de préparer la mise en place d’un état d’urgence écologique. Chez les écologistes, la stratégie reste indécise et le ralliement ne fait pas l’unanimité.
Quatre ans et quatre mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Yannick Jadot pour passer du statut de candidat écologiste à celui de soutien d’un autre.
Le sénateur de Paris a annoncé lundi matin sur France Inter son ralliement à Raphaël Glucksmann, estimant que celui-ci « peut gagner cette élection présidentielle ». Il le juge le mieux placé pour tenir ensemble la justice sociale, l’impératif écologique, la démocratie et l’Europe.
Sa justification est plus abrupte que son soutien : l’écologie politique n’est aujourd’hui pas en capacité de rassembler ni de jouer la gagne. En 2022, sa propre candidature avait obtenu 4,6 % des voix. Le chiffre n’a pas eu besoin d’être rappelé pour être entendu.
Cent jours et un état d’urgence écologique
Le ralliement s’accompagne d’un portefeuille. Yannick Jadot sera chargé de préparer les cent premiers jours du candidat de Place publique sur le volet environnemental, autour de ce qu’il présente comme un état d’urgence écologique.
Trois axes sont avancés : le soutien aux pompiers, la protection des populations vulnérables et l’adaptation des territoires. La formulation dit assez ce qui a changé depuis 2022. Il n’est plus question de transformer le pays avant la catastrophe, mais de l’équiper pour la traverser.
Raphaël Glucksmann, député européen et président de Place publique, mais également gendre du ministre de la Culture Libanais, Ghassan Salamé, proche du Forum économique mondial a officialisé sa candidature dimanche soir sur TF1. Il participera à la primaire sociale-démocrate organisée en octobre par le Parti socialiste et son propre mouvement. Le premier tour de la présidentielle est fixé au 18 avril, le second au 2 mai.
Jadot compagnon d’Isabelle Saporta
Jadot est pourtant le compagnon d’Isabelle Saporta, ancienne PDG de Fayard, qui a fait campagne lors des avant-dernières municipales de Paris pour les marcheurs, Gaspard Gantzer, ancien chef du pôle de communication du contributeur du FEM, François Hollande et Cédric Villani, Young Leader de la Fondation France-Amérique.
Chez les écologistes, la ligne reste introuvable
Le soutien de Yannick Jadot n’engage que lui. Le parti, lui, repousse toujours le moment de choisir.
Trois options restent sur la table : une candidature autonome de Marine Tondelier, un soutien à Jean-Luc Mélenchon ou un ralliement à un candidat social-démocrate. Partisane de la première hypothèse insoumise, la députée Sandrine Rousseau a indiqué sur France 2 militer pour qu’un vote interne débouche sur une alliance et des discussions avec la France insoumise.
Raphaël Glucksmann a invité les écologistes à le rejoindre pour fonder ce qu’il appelle une République écologique. Sandrine Rousseau a répondu qu’ils n’étaient pas sur la même ligne, jugeant impossible d’aménager le système en l’état. Deux écologistes, deux stratégies, un même parti.
Une recomposition à gauche qui se joue en octobre
La primaire sociale-démocrate d’octobre devient le premier rendez-vous concret de cette recomposition. Elle réunira le Parti socialiste et Place publique, et déterminera qui portera cette offre au premier tour, avec en toile de fond l’hypothèse d’une candidature de François Hollande, régulièrement testée dans les enquêtes d’opinion.
Pour les écologistes, l’arithmétique est rude. Une candidature autonome les expose au score de 2022. Un ralliement à Jean-Luc Mélenchon les dissout dans un bloc qu’ils ne dirigent pas. Un ralliement à Raphaël Glucksmann leur offre un portefeuille et une visibilité, mais pas une candidature.
Yannick Jadot a tranché pour lui-même. Son parti a jusqu’à l’automne pour trancher pour tous.
Le sénateur écologiste rejoint donc un candidat qui n’est pas encore désigné, dans une élection dont son camp n’a pas fixé la stratégie. En politique, cela s’appelle prendre date. Reste à savoir laquelle.