Portrait officiel de Raphaël Glucksmann, député européen, au Parlement européen

Présidentielle 2027 : Cohn-Bendit appelle à soutenir Glucksmann

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Le Point, Daniel Cohn-Bendit a apporté, lundi 10 août, son soutien à Raphaël Glucksmann pour la présidentielle 2027. L’ancien eurodéputé écologiste juge que le leader de Place Publique est le seul, à gauche, à porter « un positionnement nouveau ».

« Il faut le soutenir, non le contrecarrer. » La phrase est de Daniel Cohn-Bendit, 81 ans, figure historique de mai 1968 et ancien eurodéputé écologiste, à propos de Raphaël Glucksmann. Dans un entretien publié lundi 10 août par Le Point, il désigne le député européen de Place Publique comme le seul représentant de la gauche réformiste à porter, selon lui, « un positionnement nouveau qui ouvre une perspective d’avenir pour une gauche sociale-écologique ou écologico-sociale ». Une formule sans détour, venant d’un homme qui a porté la liste écologiste au meilleur score de son histoire aux européennes de 2009, avec 16,28 % des voix. De cette expérience, il tire visiblement une forme de légitimité pour distribuer les bons et les mauvais points à gauche.

Glucksmann, toujours pas candidat

Raphaël Glucksmann n’a pourtant rien officialisé. Le député européen doit se prononcer d’ici la fin de l’été sur ses intentions pour l’élection présidentielle d’avril et mai 2027, et dire s’il rejoint la primaire de l’espace social-démocrate décidée par le Parti socialiste. Un délai court, alors que les états-majors politiques attendent des clarifications avant la rentrée. Interrogé sur le charisme du principal intéressé, Daniel Cohn-Bendit déplace le débat sur le terrain du projet plutôt que de la personnalité. « Il s’agit de construire un projet d’avenir pour se positionner de 2027 jusqu’à 2032 », affirme-t-il, préférant miser sur « l’intégrité et le fond d’un personnage » que sur le charisme traditionnel. Il écarte au passage les candidatures de François Hollande, Ségolène Royal ou Bernard Cazeneuve, rangées sans ménagement dans la catégorie des « has been ». Trois noms, trois mandats déjà écoulés, balayés en une phrase.

Mélenchon visé, la droite réformiste jaugée

L’ancien élu franco-allemand ne s’arrête pas au camp réformiste. Il vise directement Jean-Luc Mélenchon, jugeant que le chef de file de La France insoumise « n’est plus de gauche » car il aurait « abandonné les valeurs universalistes ». Daniel Cohn-Bendit va plus loin, évoquant un « positionnement antisémite » et une proximité assumée, selon lui, avec « Poutine et Xi Jinping » sur les questions de politique étrangère. Des accusations qui n’engagent que lui et qui n’ont fait l’objet d’aucune procédure judiciaire à l’encontre du leader insoumis. À droite, son regard se porte sur Édouard Philippe, seul « candidat de la droite réformiste » à ses yeux, qu’il voit hériter du soutien de Gabriel Attal, appelé selon lui à se retirer en sa faveur. Deux camps, deux paris, un seul homme pour les formuler tous les deux dans le même entretien.

Une gauche en recomposition, un calendrier serré

Ces déclarations interviennent alors que le paysage de la gauche non-mélenchoniste reste flou à moins de neuf mois de la présidentielle. Entre la primaire annoncée par le Parti socialiste, les hésitations de Raphaël Glucksmann et les ambitions concurrentes de plusieurs figures socialistes, la clarification promise pour la rentrée sera scrutée de près. Le soutien de Daniel Cohn-Bendit, sans surprise stratégique majeure, a au moins le mérite de fixer une ligne : celle d’une gauche réformiste qui cherche son candidat plutôt que son porte-drapeau. Reste à savoir si cette ligne suffira à agréger les électorats sociaux-démocrates, écologistes et centristes déçus, dont la dispersion a coûté cher à la gauche lors des scrutins précédents. Le format même de la primaire, ses règles de participation et la liste des prétendants restent à préciser par le Parti socialiste dans les prochaines semaines.

La rentrée de septembre devra trancher ce que l’été a laissé en suspens. Si Raphaël Glucksmann confirme sa candidature, il devra transformer les soutiens de personnalités en dynamique électorale, face à une primaire dont les contours restent à préciser.


Source : BFMTV – https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/presidentielle-2027-daniel-cohn-bendit-appelle-a-soutenir-raphael-glucksmann-et-son-positionnement-nouveau_AD-202608100328.html