Les États-Unis ont lancé, lundi 27 juillet, une révision officielle de leur présence militaire en Europe. Annoncée par le sous-secrétaire à la Défense Elbridge Colby, la démarche doit faire basculer l’Otan vers un schéma où les Européens assument seuls leur défense conventionnelle. Elle intervient un mois après les mises en garde du secrétaire à la Défense Pete Hegseth aux alliés réunis à Bruxelles, sur fond de critiques répétées du président et contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump envers ses partenaires atlantiques.
Le département de la Défense a confirmé, ce lundi, l’ouverture d’un examen de son dispositif militaire sur le sol européen, rapporte Euronews. Sur le réseau social X, Elbridge Colby a indiqué que cette révision doit permettre à l’Otan de basculer rapidement et durablement vers un modèle où l’Europe porte la responsabilité principale de sa défense conventionnelle. Le sous-secrétaire à la Défense assure que l’issue de cet examen sera une alliance atlantique plus robuste, plus équilibrée entre ses membres et plus pérenne. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, ni la liste des bases ou des effectifs concernés par cette révision.
Hegseth avait donné le ton à Bruxelles
La décision ne surprend pas entièrement les chancelleries européennes. Un mois plus tôt, à Bruxelles, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait annoncé à ses homologues de l’Otan l’intention de Washington de retirer une partie de ses troupes du continent. Il avait alors prévenu que « certains pays échoueront et que d’autres réussiront haut la main », sans détailler publiquement les critères retenus pour distinguer les bons élèves de l’Alliance des mauvais.
La guerre en Iran, pomme de discorde
Le ton s’était déjà durci après la guerre en Iran. Pete Hegseth avait reproché à plusieurs alliés européens d’avoir refusé l’usage de leurs bases pour des opérations américaines contre Téhéran, un refus perçu à Washington comme un manque de solidarité. Le chef du Pentagone avait également évoqué la possibilité de réduire la contribution financière des États-Unis à l’Otan si les objectifs de dépenses de défense n’étaient pas tenus par les pays membres.
Une Alliance sommée de payer sa part
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump répète que les Européens s’appuient sur la protection militaire américaine sans en assumer pleinement le coût, une critique déjà formulée lors de son premier mandat lorsqu’il exigeait des alliés qu’ils atteignent l’objectif de 2 % du produit intérieur brut consacré à la défense. Lors du sommet de l’Otan à La Haye, en juin 2025, les pays membres s’étaient engagés à porter progressivement leurs dépenses de défense vers un objectif de 5 % du produit intérieur brut d’ici 2035. La révision lancée ce lundi s’inscrit dans la continuité de cette pression, en poussant chaque pays membre à démontrer sa capacité à prendre le relais des forces américaines sur son propre territoire.
Washington maintient traditionnellement plusieurs dizaines de milliers de militaires sur le sol européen, en Allemagne, en Pologne, dans les pays baltes et en Roumanie notamment, un dispositif hérité de la guerre froide puis renforcé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. C’est justement l’ampleur et la répartition de ce dispositif que le nouvel examen du Pentagone doit remettre à plat, pays par pays.
Des capitales européennes déjà sur leurs gardes
À Bruxelles, la perspective d’un retrait américain n’est plus taboue depuis les annonces de juin. Plusieurs gouvernements européens ont accéléré, ces derniers mois, leurs propres programmes de réarmement et les commandes d’équipements militaires, anticipant un désengagement progressif des forces américaines plutôt qu’un retrait brutal. L’Otan elle-même a entrepris de faire évoluer son commandement pour donner davantage de responsabilités opérationnelles aux états-majors européens, sans toutefois remettre en cause, à ce stade, l’article 5 du traité et la garantie collective de défense entre alliés.
Reste à savoir qui, à Berlin, à Varsovie ou à Paris, sera prêt à tenir la corde le jour où Washington la lâchera pour de bon. Le parapluie américain se replie doucement, sans bruit de tonnerre. Il ne pleut pas encore sur l’Europe. Mais plusieurs pays ont commencé à sortir le leur.