Le quai de Bercy le long de la Seine à Paris, site touché par la pollution au fioul

Pollution au fioul : trois mille litres déversés dans la Marne

Une pollution au fioul a gagné la Marne puis la Seine dans la nuit du 24 juillet, après le déversement de près de 3 000 litres d’hydrocarbures dans un avaloir d’eaux pluviales à Joinville-le-Pont. Deux sites de baignade parisiens, bras Marie et Bercy, ferment par intermittence, et celui de Maisons-Alfort reste totalement condamné. La ville de Saint-Maur-des-Fossés a porté plainte contre X, tandis que la mairie de Paris évoque un vandalisme environnemental.

Le vendredi 24 juillet, quelqu’un a versé du fioul dans une bouche d’égout à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Rien d’accidentel : la quantité déversée, près de 3 000 litres selon la ville de Saint-Maur-des-Fossés, exclut la fuite ou la maladresse. Le liquide a rejoint la Marne, puis la Seine, en quelques heures. Le site de baignade de Maisons-Alfort a fermé intégralement dès le week-end suivant. À Paris, les bras Marie (IVe arrondissement) et Bercy (XIIe arrondissement) ont fermé par intermittence dimanche. Seul le site Grenelle, près de la tour Eiffel dans le XVe arrondissement, n’aurait pas été touché et reste ouvert au public.

Un symbole rouvert depuis trois semaines à peine

Les trois sites de baignade dans la Seine, bras Marie, Bercy et Grenelle, avaient rouvert le 4 juillet, après des mois de travaux d’assainissement lancés dans le sillage des Jeux olympiques de Paris 2024. Trois semaines plus tard, la promesse d’une Seine baignable prend l’eau. La pollution au fioul touche directement l’image que la Ville de Paris avait bâtie autour de ce fleuve longtemps jugé impropre à la baignade.

Paris ferme, Paris surveille

La mairie de Paris navigue à vue. Le retour à la normale dépend du débit de la Seine et de la façon dont la nappe d’hydrocarbures va, ou non, se disperser, sans date arrêtée à ce stade. Antoine Guillou, adjoint au maire de Paris chargé de l’Axe Seine, a qualifié l’épisode de vandalisme environnemental et indiqué que la Ville rassemblait les éléments pour porter plainte pour atteinte à l’environnement. Le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, a résumé la doctrine en une phrase : “Si on observe la moindre trace, on ferme.” Après les grandes eaux propres promises pour la baignade dans la Seine, la moindre trace de fioul suffit donc à tout suspendre.

Saint-Maur porte plainte contre X

En amont du fleuve, la commune de Saint-Maur-des-Fossés n’a pas attendu. Avec le Syndicat Marne Vive, présidé par le maire Pierre-Michel Delecroix, elle a déposé plainte contre X pour que toute la lumière soit faite sur cet acte de pollution volontaire. Le communiqué de la collectivité précise que le fioul a probablement été déversé dans un avaloir d’eaux pluviales situé à Joinville-le-Pont, commune voisine à l’est de Paris. Les enquêteurs exploitent désormais les images de vidéoprotection des deux communes pour identifier l’auteur ou les auteurs de ce déversement illicite, qualifié d’acte irresponsable par la ville.

Une enquête confiée au commissariat, une origine encore inconnue

Sollicité par l’AFP, le parquet de Créteil a confirmé qu’une enquête pour pollution avait été confiée dès le lundi 27 juillet au commissariat de Saint-Maur-des-Fossés. À ce stade, l’origine exacte de la pollution n’est pas établie, précise le parquet. Ni mobile, ni suspect, ni horaire précis du déversement : l’enquête part d’un avaloir et d’un cours d’eau souillé, rien de plus. Les images de vidéoprotection récupérées à Joinville-le-Pont et à Saint-Maur-des-Fossés constituent, pour l’instant, la principale piste des enquêteurs.

Deux collectivités, un syndicat de rivière et une mairie de Paris qui promettait des eaux baignables se retrouvent donc suspendus au même mystère : celui d’un avaloir, un vendredi soir, et de plusieurs milliers de litres de fioul qui n’avaient rien à y faire.

Le fioul finira par se disperser, le débit de la Marne et de la Seine s’en chargera. Reste à savoir qui a choisi une bouche d’égout de Joinville-le-Pont pour y verser trois mille litres d’hydrocarbures, et pourquoi.


Source : TF1 Info — https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/un-acte-de-vandalisme-environnemental-qui-a-deverse-du-fioul-dans-les-eaux-de-la-seine-et-de-la-marne-2456000.html