Les résultats de l’enquête internationale PISA 2025, publiés ce lundi, confirment un décrochage inédit des élèves français en compréhension de l’écrit et en mathématiques. La tendance touche l’ensemble des pays de l’OCDE, mais le ministère de l’Éducation nationale se fixe désormais un objectif chiffré : revenir dans le premier tiers des pays de l’Organisation d’ici 2033.
Le ministère de l’Éducation nationale parle lui-même d’une « fragilisation ancienne des apprentissages ». En France, la lecture et les mathématiques reculent, quand les sciences se maintiennent à un niveau « quasi stable ». Le constat n’est pas isolé : l’ensemble des pays de l’OCDE enregistre un mouvement comparable, ce qui invite à chercher des causes communes plutôt qu’un simple problème hexagonal.
Écrans, téléphones et attention en miettes
Le ministère cite explicitement l’exposition croissante aux écrans, l’usage des réseaux sociaux, la présence du téléphone portable en milieu scolaire et le relâchement du suivi parental des apprentissages comme facteurs aggravants. Un faisceau de causes qui rejoint, presque mot pour mot, les arguments avancés par ailleurs par l’exécutif pour justifier une restriction plus large de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, en France comme à l’échelle européenne.
Vingt points d’ici 2029, un tiers en tête d’ici 2033
Le ministère avance des objectifs précis : gagner vingt points d’ici 2029, soit l’équivalent d’une année scolaire de retard rattrapée, et replacer la France dans le premier tiers des pays de l’OCDE d’ici 2033. Pour y parvenir, six leviers sont annoncés : objectifs d’apprentissage clarifiés et communiqués aux familles, enseignement plus explicite dans la formation des professeurs, extension des restrictions sur le smartphone au collège, autonomie renforcée des équipes pédagogiques (dont l’ampleur devrait croître d’environ moitié), listes de lecture diffusées avant chaque période de vacances, et formation continue des enseignants renforcée.
Reste à savoir si des objectifs chiffrés suffisent à inverser une tendance que l’OCDE elle-même observe depuis plusieurs cycles. Le ministère promet des résultats pour 2029. Les élèves qui passeront PISA cette année-là sont, eux, déjà scolarisés.