Piratage de Binance : la Corée du Nord dénonce une « grave provocation politique » après les accusations du FBI

La Corée du Nord rejette fermement les accusations du FBI, qui attribue à des pirates informatiques liés à Pyongyang le détournement de 6,3 milliards de dollars sur la plateforme de cryptomonnaies Binance. Kim Yo Jong, sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, dénonce une « grave provocation politique » des États-Unis et accuse Washington de chercher à ternir l’image de son pays.

La tension monte entre Washington et Pyongyang sur le terrain de la cybersécurité. Après le piratage massif de Binance, présenté comme l’un des plus importants vols de cryptomonnaies jamais signalés, les autorités américaines pointent directement la responsabilité de hackers nord-coréens. Une accusation que le régime de Kim Jong-un conteste vigoureusement, dénonçant une nouvelle offensive politique menée par les États-Unis.

Selon les informations rapportées par TF1info avec l’AFP, le FBI a officiellement mis en cause, lundi 1er novembre, le groupe de pirates informatiques TraderTraitor, soupçonné d’avoir détourné quelque 6,3 milliards de dollars. Cette organisation serait liée aux services de renseignement nord-coréens, régulièrement accusés par les autorités occidentales de mener des cyberattaques contre des institutions financières et des entreprises spécialisées dans les actifs numériques.

La réaction de Pyongyang ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué relayé par l’agence officielle nord-coréenne KCNA, Kim Yo Jong, sœur du dirigeant Kim Jong-un et figure influente du pouvoir, a vivement contesté les conclusions des enquêteurs américains.

Elle a notamment dénoncé une « grave provocation politique » contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC), accusant les États-Unis de vouloir convaincre l’opinion internationale que son pays serait responsable de l’ensemble des cybercrimes commis à travers le monde.

Kim Yo Jong accuse Washington de vouloir discréditer Pyongyang

Pour Kim Yo Jong, les accusations américaines dépassent largement le cadre d’une enquête sur un piratage informatique. Elles s’inscriraient, selon elle, dans une stratégie destinée à fragiliser la réputation internationale de la Corée du Nord.

La responsable nord-coréenne a dénoncé une « rhétorique absurde n’apportant rien de nouveau », faisant référence aux précédentes accusations formulées par Washington contre des groupes de hackers soupçonnés d’agir pour le compte de Pyongyang.

Elle a également présenté les déclarations américaines comme une tentative de porter atteinte à la dignité, au prestige national et à la souveraineté de son pays.

Dans son communiqué, Kim Yo Jong a assuré que la politique officielle de la Corée du Nord consistait à s’opposer fermement aux activités malveillantes dans le cyberespace. Une position qui contraste avec les accusations récurrentes des services de renseignement américains concernant les opérations informatiques attribuées à des groupes nord-coréens.

TraderTraitor et Lazarus, deux noms au cœur des accusations américaines

Le groupe TraderTraitor, directement désigné par le FBI dans cette affaire, est considéré comme une composante de Lazarus, une organisation de cyberpirates que les autorités américaines associent aux services de renseignement nord-coréens.

Lazarus est connu depuis plus d’une décennie pour son implication présumée dans plusieurs cyberattaques internationales de grande ampleur.

Le groupe avait notamment attiré l’attention en 2014, lorsqu’il avait été accusé d’avoir piraté Sony Pictures Entertainment. Cette attaque avait été associée à la sortie du film satirique L’Interview qui tue !, une comédie américaine mettant en scène un complot fictif contre Kim Jong-un.

Plus récemment, les autorités américaines avaient également mis en cause des pirates nord-coréens dans le vol de 1,5 milliard de dollars sur la plateforme de cryptomonnaies Bybit, en février 2025. Cette opération était alors considérée comme le plus important piratage connu dans l’histoire du secteur.

Le montant de 6,3 milliards de dollars évoqué dans la nouvelle affaire Binance dépasserait très largement ce précédent record, si les faits et les sommes annoncées étaient confirmés.

Le Bureau 121, une unité spécialisée dans la cyberguerre

Au-delà des groupes Lazarus et TraderTraitor, les capacités informatiques attribuées à la Corée du Nord font depuis plusieurs années l’objet d’une attention particulière de la part des autorités américaines.

Selon un rapport de l’armée américaine publié en 2020, Pyongyang disposerait notamment d’une unité spécialisée dans la cyberguerre, connue sous le nom de Bureau 121.

Cette structure compterait environ 6 000 personnes et mènerait une partie de ses activités depuis l’étranger. Le rapport mentionnait notamment la Biélorussie, la Chine, l’Inde, la Malaisie et la Russie parmi les pays depuis lesquels certains de ses membres opéreraient.

Cette organisation permettrait, selon les analyses militaires américaines citées dans le rapport, de conduire des opérations informatiques au-delà du territoire nord-coréen.

Les nouvelles accusations du FBI replacent ainsi les activités cybernétiques présumées de Pyongyang au centre des relations déjà tendues entre les États-Unis et la Corée du Nord. Pour l’heure, le régime nord-coréen rejette toute responsabilité dans le détournement attribué à TraderTraitor et maintient que les accusations américaines constituent une atteinte à sa souveraineté.

Sources :

TF1info avec AFP, article « Une grave provocation politique : la Corée du Nord répond aux accusations du FBI après le piratage record de Binance »

FBI – North Korea Responsible for $6 Billion+ Binance Attack (31 octobre 2026)

Associated Press – North Korea denies involvement in Binance hack (3 novembre 2026)

Reuters – Binance says it has covered $6 billion of $6.3 billion stolen in hack (31 octobre 2026)