Présent à Colleville-sur-Mer pour les commémorations du Débarquement, Pete Hegseth a appelé les Européens à renforcer leur défense tout en assimilant l’immigration à une menace pour la « civilisation occidentale ». Son absence à la cérémonie internationale du D-Day, après des critiques locales sur sa venue, a ajouté une dimension politique à cette journée de mémoire.
La commémoration du 82e anniversaire du Débarquement a pris une tournure politique inattendue en Normandie. Samedi 6 juin, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a prononcé un discours au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer, où reposent 9 387 soldats américains tombés lors de la bataille de Normandie. Devant les croix blanches alignées face à la mer, le responsable américain a appelé les alliés européens à accroître leurs efforts militaires, dans la continuité des exigences formulées par l’administration Trump.
« L’Amérique doit montrer la voie », a déclaré Pete Hegseth, tout en estimant que les alliés de Washington devaient se tenir « épaule contre épaule ». Le responsable américain a également affirmé que « la paix n’est garantie que par la force », reprenant une ligne stratégique fondée sur le réarmement et la pression accrue sur les partenaires européens.
Mais c’est surtout son parallèle entre le Débarquement de 1944 et l’immigration contemporaine qui a suscité la controverse. Pete Hegseth a évoqué des plages européennes « prises d’assaut par diverses idéologies dangereuses », citant l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Bulgarie, avant de demander si les capitales européennes allaient réagir à cette « invasion » ou s’il était « déjà trop tard ».
Cette sortie a été prononcée quelques heures après l’annonce de son absence à la cérémonie internationale organisée à Langrune-sur-Mer. Officiellement, Matignon a évoqué un problème d’agenda, Pete Hegseth étant mobilisé lors de la cérémonie américaine. Il a été représenté par Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Défense.
Sa venue avait déjà suscité des critiques locales. Une association de Langrune-sur-Mer dénonçait des positions jugées contraires à l’esprit des commémorations, évoquant ses déclarations anti-européennes et guerrières. Son retrait de la cérémonie internationale a donc été interprété par certains comme un apaisement, même si son discours du matin a ravivé les tensions.
Le Débarquement du 6 juin 1944 reste l’une des plus grandes opérations militaires de l’histoire, avec près de 7 000 navires et plus de 132 000 soldats alliés engagés sur les plages normandes. En mobilisant cette mémoire pour défendre une ligne politique sur la défense et l’immigration, Pete Hegseth a transformé un moment de recueillement en séquence diplomatique sensible.
Sources :
Le Figaro / Reuters – 6 juin 2026 – https://www.lefigaro.fr
Le HuffPost – Maïwenn Furic – 6 juin 2026 – https://www.huffingtonpost.fr
Reuters – 6 juin 2026 – https://www.reuters.com
Associated Press – 6 juin 2026 – https://apnews.com
