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Le Pentagone à Washington. Photo : David B. Gleason sous licence CC BY-SA 2.0. / Flickr.

Pentagone : l’administration Trump ferme davantage les portes à la presse

Le ministère américain de la Défense a annoncé un nouveau durcissement des règles encadrant le travail des journalistes au Pentagone. Désormais, l’accès au service de presse est interdit aux reporters accrédités, au nom de la protection des informations classifiées. Cette décision s’inscrit dans une série de restrictions mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 et suscite de vives inquiétudes parmi les médias américains.

Le ministère américain de la Défense a confirmé le 1er juin que son service de presse est désormais intégré à une zone protégée par le secret défense. Cette décision concerne directement plusieurs dizaines de journalistes accrédités travaillant habituellement dans les espaces de communication du Pentagone, même si aucun chiffre officiel précis sur leur nombre n’a été communiqué dans les documents publics.

Le porte-parole du Pentagone, Joel Valdez, a justifié cette mesure par la nature des activités internes. Selon lui, des équipes chargées de la rédaction des discours officiels y travaillent quotidiennement et manipulent des documents classifiés relevant du secret défense. Il a déclaré dans un communiqué : « les journalistes ne seront plus autorisés à pénétrer [dans cet espace] », une formulation reprise par plusieurs médias américains et internationaux.

Une politique sécuritaire renforcée depuis 2025

Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par un durcissement progressif de l’accès de la presse au département de la Défense. Depuis janvier 2025, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, plusieurs mesures restrictives ont été mises en œuvre, affectant directement les conditions de travail des correspondants de presse.

En octobre 2025, un document interne du ministère de la Défense avait déjà provoqué une forte réaction. Il imposait aux journalistes accrédités de ne plus solliciter ni publier certaines informations sans autorisation préalable de l’administration, sous peine de retrait d’accréditation. Cette règle concernait l’ensemble des journalistes accrédités au Pentagone, soit plusieurs centaines selon les estimations des organisations de presse américaines.

Le texte avait été largement contesté, l’Agence France-Presse (AFP) parlant d’un rejet « quasi unanime » de la part des médias américains et internationaux.

Restriction des déplacements et fermeture du « couloir des correspondants »

En parallèle, le Pentagone a réduit de manière significative la liberté de circulation des journalistes à l’intérieur du bâtiment. Désormais, les déplacements sont strictement encadrés et doivent être effectués sous escorte en dehors d’un nombre limité de zones autorisées.

Parmi les mesures les plus symboliques figure la fermeture du « couloir des correspondants », un espace historique où travaillaient les journalistes accrédités couvrant le ministère de la Défense. Ce couloir, situé dans le complexe du Pentagone qui emploie plus de 20 000 personnes au total selon les données institutionnelles américaines, représentait un point central de la relation entre presse et armée.

Un contentieux judiciaire devant les juridictions fédérales

Ces restrictions ont rapidement donné lieu à une contestation juridique. Le New York Times a engagé une procédure contre le ministère de la Défense, estimant que ces mesures portaient atteinte aux libertés fondamentales garanties par la Constitution américaine.

En mars 2026, un juge fédéral a estimé qu’une partie de la politique d’accréditation du Pentagone « violait » plusieurs amendements constitutionnels, notamment ceux liés à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. Cette décision judiciaire concerne des dispositions adoptées dans le cadre de la réforme des accréditations, dont certaines menaçaient explicitement la perte du badge de presse en cas de publication non autorisée.

Une accumulation de restrictions et un durcissement continu

Au-delà du service de presse désormais classé secret défense, les mesures cumulées depuis 2025 montrent une tendance nette : encadrement des informations, restriction des déplacements, contrôle accru des publications et réduction des zones accessibles.

Selon plusieurs médias, dont Le Monde et Le Figaro, cette série de décisions s’inscrit dans une logique de sécurisation renforcée des informations militaires sensibles, mais suscite des inquiétudes sur l’équilibre entre sécurité nationale et liberté de la presse.

La phrase du porte-parole du Pentagone, Joel Valdez, « les journalistes ne seront plus autorisés à pénétrer », est devenue le symbole de ce basculement, illustrant une séparation de plus en plus stricte entre l’institution militaire américaine et les médias qui la couvrent.

Sources :
Le Monde
Le Figaro
TF1 Info
BFMTV

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