Une cinquantaine de pêcheurs ont bloqué, mardi 15 septembre, un dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer pour dénoncer la hausse du prix des carburants et la détérioration de leurs conditions de travail. Commencée au cœur de la nuit, l’action a pris fin peu avant 10 heures avec l’intervention des CRS, après un bref moment de tension. Les professionnels de la pêche réclament désormais une rencontre avec la ministre chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud.
La mobilisation des pêcheurs a gagné Fos-sur-Mer. Mardi 15 septembre, une cinquantaine de professionnels ont bloqué un dépôt pétrolier de cette commune des Bouches-du-Rhône, important territoire industrialo-portuaire de la façade méditerranéenne.
L’opération a débuté vers 3 heures du matin. Les manifestants entendaient ainsi protester contre l’augmentation du coût des carburants et, plus largement, contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Le blocage a rapidement eu des conséquences sur l’activité du site. Environ une centaine de camions-citernes se sont retrouvés immobilisés à l’extérieur du dépôt, dans l’impossibilité d’y accéder.
Sur place, les pêcheurs avaient affiché leur colère à travers plusieurs banderoles aux messages particulièrement directs : « L’Europe nous tue » ou encore « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ». Des slogans qui témoignent d’une contestation ne visant pas seulement le prix du carburant, mais aussi les politiques européennes et nationales auxquelles les manifestants attribuent une partie de leurs difficultés.
Un face-à-face tendu avec les CRS
La situation s’est tendue en fin de matinée lors de l’intervention des forces de l’ordre. Selon les informations rapportées par BFM Marseille et l’AFP, un bref épisode de tensions a opposé les pêcheurs présents aux CRS.
Quelques feux de palettes avaient également été allumés. Les sapeurs-pompiers mobilisés sur place sont intervenus pour les éteindre, sans qu’aucun incident grave ne soit signalé.
Le blocage a finalement été levé peu avant 10 heures avec le concours des CRS. La préfecture de police a ensuite annoncé que le dépôt avait été évacué et avait repris son activité. Les quelque cent camions-citernes jusque-là immobilisés ont alors pu entrer sur le site.
Quelques heures auparavant, Ange Natoli, représentant des pêcheurs, avait cherché à écarter la perspective d’un affrontement avec les forces de l’ordre. Il expliquait notamment que les manifestants présents n’avaient pas l’intention de s’en prendre aux policiers.
Les pêcheurs veulent rencontrer Catherine Chabaud
Au-delà du blocage de Fos-sur-Mer, les professionnels cherchent désormais à obtenir une réponse politique. Ange Natoli a déclaré à l’AFP que les pêcheurs souhaitaient être reçus par Catherine Chabaud, ministre chargée de la Mer et de la Pêche.
Le ministère a indiqué à l’agence que la ministre avait « pris acte de leurs revendications » et qu’elle devait recevoir les représentants des pêcheurs « dans les prochains jours dans un esprit de dialogue ».
La perspective de cette rencontre pourrait constituer une nouvelle étape dans un mouvement qui ne se limite pas aux Bouches-du-Rhône. La veille, plusieurs dizaines de pêcheurs s’étaient déjà mobilisés à Sète, dans l’Hérault, ainsi qu’à Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales.
À Sète, une délégation syndicale avait été reçue en préfecture. À l’issue de cette rencontre, Bernard Perez, président du comité régional d’Occitanie, avait affirmé ne pas avoir obtenu de réponses correspondant aux attentes des professionnels. Il avait également prévenu que le mouvement pourrait se durcir.
Pas de risque de pénurie à ce stade
Le blocage du dépôt de Fos-sur-Mer a également fait réagir Michel-Édouard Leclerc. Interrogé mardi sur BFMTV et RMC, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc a estimé que cette action n’avait « pas de logique », considérant qu’elle risquait avant tout de provoquer de la paralysie.
Il a toutefois écarté, à ce stade, la perspective d’une pénurie de carburant liée au mouvement.
La mobilisation de Fos-sur-Mer illustre néanmoins la pression exercée par la hausse des coûts énergétiques sur une profession particulièrement dépendante du carburant. Après les actions menées dans plusieurs ports méditerranéens, l’attention se tourne désormais vers les échanges annoncés entre les représentants des pêcheurs et le ministère chargé de la Mer et de la Pêche.
BFM Marseille avec Alexis Pluyette, Elisa Lanzarone et AFP — article « Des tensions ont éclaté avec les forces de l’ordre devant le dépôt pétrolier bloqué par des pêcheurs à Fos-sur-Mer », publié le 15 septembre et mis à jour le même jour.