Au lendemain de son premier Tour de France, terminé à la quatrième place du classement général, Paul Seixas a confié la gestion de ses droits d’image à l’agence Sportfive. Le coureur lyonnais de 19 ans reste sous contrat avec l’équipe Decathlon CMA CGM jusqu’en 2027. Son agent sportif et sa structure de management, eux, ne changent pas.
Paul Seixas est né le 24 septembre 2006 à Lyon. Il vient de boucler son premier Tour de France à la quatrième place du général. Avant cela : champion du monde junior du contre-la-montre en 2024, vainqueur du Tour de l’Avenir en 2025, plus jeune coureur de l’histoire à terminer dans les dix premiers d’une course World Tour à étapes lors du Critérium du Dauphiné 2025. Un palmarès qui tient sur une page et qui a déjà rendu obsolète l’expression « espoir du cyclisme français ».
L’annonce faite le 28 juillet et rapportée par Sportune ne concerne pas sa carrière sportive. Elle concerne l’autre carrière, celle qui se joue en dehors des cols. Le coureur s’associe à Sportfive, agence internationale de marketing sportif, pour la gestion de ses droits d’image et le développement de sa marque personnelle. Celle-ci appartient à 100 % au fonds d’investissement américain H.I.G. Capital. Cet accord est distinct de son contrat avec l’équipe Decathlon CMA CGM, qui court jusqu’en 2027.
Ce que Sportfive vient chercher
Le mandat porte sur trois choses : structurer la stratégie marketing du coureur sur le long terme, identifier et négocier des collaborations avec des marques, et construire une identité et un discours cohérents autour de l’athlète tout au long de sa carrière.
La formule mérite d’être lue lentement. Un coureur de 19 ans se voit doté d’une stratégie de discours. Dans le cyclisme professionnel des années 2020, l’image du champion ne se laisse plus au hasard des zones mixtes : elle se pilote, elle s’arbitre, elle se vend par lots. Xavier Oddone, directeur général de Sportfive, salue chez le Français « cette rare combinaison d’ambition sportive et de recul personnel ». Traduction commerciale : un actif jeune, performant et qui ne dérapera pas en conférence de presse.
Paul Seixas explique de son côté, dans le communiqué, qu’une carrière se construit avec de l’entraînement et des performances, mais qu’elle exige de s’entourer sur tous les terrains extra-sportifs. La vision et la renommée de l’agence l’ont convaincu, lui et son entourage.
Ce qui ne bouge pas
La partie sportive reste en place. L’agent Joona Laukka et la structure LC Management continuent de gérer les intérêts du coureur sur le versant compétition et contrats d’équipe. Sportfive n’intervient qu’en complément, sur le volet commercial.
Cette séparation des rôles est devenue la norme chez les jeunes coureurs à fort potentiel. D’un côté un agent qui négocie les contrats d’équipe et les primes, de l’autre une agence qui monétise l’image auprès des marques. Deux métiers, deux logiques de temps, et deux façons de comprendre le mot carrière.
Le rendez-vous de 2027
Le contrat de Paul Seixas avec Decathlon CMA CGM expire à la fin de la saison 2027. À ce moment-là, il aura 21 ans, peut-être un Tour de France dans les jambes avec un podium, et un portefeuille de partenaires personnels déjà constitué. La séquence n’a rien d’improvisé : on structure la marque avant la renégociation, pas après.
Pour l’équipe française, l’enjeu est simple à formuler. Elle a formé et lancé le meilleur jeune coureur français depuis longtemps, et devra le conserver face à des formations dont les budgets se comptent en dizaines de millions d’euros. Le cyclisme professionnel n’a pas de clause libératoire mais il a un marché, et ce marché regarde déjà Lyon.
Un adolescent de Lyon devenu quatrième du Tour de France en douze mois, avec une agence internationale pour gérer son nom et un contrat qui arrive à terme dans dix-huit mois. La saison 2027 se prépare aussi dans les bureaux.