À Saint-Étienne, l’inauguration d’un passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel a déclenché une vague de commentaires homophobes et transphobes sur les réseaux sociaux. Face à ces propos, la préfecture de la Loire a annoncé des signalements à la plateforme Pharos et un signalement formel au parquet. La Marche des fiertés stéphanoise s’est tenue le 6 juin.
Selon Le Progrès, le passage piéton avait été inauguré le 19 mai pour marquer la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. À peine relayé sur les comptes de la préfecture de la Loire et de la mairie de Saint-Étienne, l’événement aurait suscité des centaines de commentaires hostiles, certains appelant explicitement à la violence ou à la mort des personnes LGBTQIA+. Le quotidien rapporte que d’autres messages minimisaient les violences subies ou les renvoyaient à des combats jugés plus importants.
Des actes anti-LGBT en hausse en 2025
Ce déferlement intervient alors que les violences visant les personnes LGBTQIA+ progressent. En 2025, le ministère de l’Intérieur a recensé 4 945 infractions anti-LGBT, en hausse de 2 %, dont 64 % de crimes et délits, eux-mêmes en augmentation de 4 %, selon les données reprises par le site vie-publique.fr. Ces actes se produisent principalement dans l’espace public, mais aussi en milieu résidentiel ou scolaire.
La Loire n’est pas épargnée. Le Progrès rappelle qu’un an plus tôt, en marge de la Marche des fiertés stéphanoise, un homme avait pris à partie l’organisateur de l’événement et aurait agressé sexuellement trois femmes. En juin 2025, un habitant du département a été condamné par le tribunal de Saint-Étienne pour des insultes homophobes envers son voisin. Le journal cite également des guets-apens tendus à des personnes homosexuelles pour les agresser et les voler.
La préfecture saisit Pharos et le parquet
La préfecture de la Loire a réagi en deux temps. Elle a d’abord annoncé signaler à Pharos, plateforme gouvernementale de signalement des contenus illicites en ligne, les nombreux commentaires jugés délictuels. Le préfet François-Xavier Bieuville a ensuite durci sa position, rappelant que la liberté d’expression s’arrête là où commence le délit et que tout commentaire homophobe, sexiste ou raciste est interdit par la loi.
La préfecture indique procéder à un signalement formel auprès de la procureure de la République afin que les auteurs soient identifiés et poursuivis. Elle s’appuie sur l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique ayant connaissance d’un crime ou d’un délit dans l’exercice de ses fonctions d’en aviser sans délai le procureur de la République.
La Marche des fiertés stéphanoise maintenue
La quatrième édition de la Marche des fiertés s’est tenue le samedi 6 juin, au départ de la place Chavanelle. Pour Edward Reynaud, président de l’association Fierté Saint-Étienne, le passage piéton constitue un engagement de la mairie en faveur de la visibilité des personnes LGBTQIA+. Le responsable associatif dit s’être attendu à ces commentaires et décrit un climat qu’il juge anxiogène, citant notamment le score du Rassemblement national aux dernières élections municipales dans la ville. Ce point de vue engage son auteur.
Organisée par une soixantaine de bénévoles et présentée comme autofinancée et autogérée, la marche a réuni environ 3 000 personnes, suivie d’un village associatif place Jean-Jaurès et d’un spectacle. Au-delà de l’épisode stéphanois, l’affaire illustre la manière dont un aménagement urbain symbolique peut cristalliser, en ligne, des tensions bien réelles autour de la place des personnes LGBTQIA+ dans l’espace public.
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Source : Le Progrès – leprogres.fr