Pakistan : au moins 15 morts et 22 blessés après une attaque meurtrière contre un poste de police

Une attaque d’une rare intensité a visé un poste de police dans le nord-ouest du Pakistan dans la nuit du 29 au 30 juillet 2026. Les affrontements entre les forces de sécurité et un groupe de combattants lourdement armés ont fait au moins 15 morts et 22 blessés, selon les autorités locales. Cette nouvelle flambée de violence intervient dans un contexte de recrudescence des attaques menées contre les forces pakistanaises dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.

Le Pakistan a une nouvelle fois été frappé par une attaque d’envergure contre ses forces de sécurité. Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 juillet 2026, un groupe de combattants lourdement armés a lancé un assaut contre un poste de police situé dans le district de Hangu, au sein de la province de Khyber Pakhtunkhwa, dans le nord-ouest du pays. Le bilan provisoire fait état d’au moins 15 morts et de 22 blessés, à l’issue de plusieurs heures d’affrontements particulièrement violents.

D’après les autorités pakistanaises, les assaillants ont attaqué le poste de Khazina avec des armes automatiques et d’autres équipements lourds avant d’engager un échange de tirs avec les policiers présents sur place. Des renforts ont rapidement été dépêchés, mais ceux-ci ont été pris dans une embuscade organisée par les assaillants, compliquant considérablement les opérations de secours et de riposte. Un véhicule blindé des forces de sécurité a également été endommagé durant les combats.

Les affrontements se sont poursuivis durant plusieurs heures avant que les forces de sécurité ne reprennent le contrôle de la zone. Selon les responsables locaux, quinze membres du groupe armé ont été tués au cours de l’opération, tandis que onze policiers ont perdu la vie. Plus de vingt autres membres des forces de l’ordre ont également été blessés et transportés vers les hôpitaux de la région, certains dans un état jugé préoccupant. Le chef de la colonne de renfort, l’officier Diyar Khan, figure parmi les victimes.

Aucune organisation n’a revendiqué officiellement l’attaque dans l’immédiat. Toutefois, les soupçons se portent une nouvelle fois sur le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), également appelé les talibans pakistanais. Ce mouvement armé, distinct du régime taliban actuellement au pouvoir en Afghanistan bien qu’idéologiquement proche, multiplie depuis plusieurs années les opérations contre les forces de sécurité pakistanaises, notamment dans les régions frontalières avec l’Afghanistan.

Cette attaque intervient dans un climat sécuritaire particulièrement tendu. La province de Khyber Pakhtunkhwa est devenue, ces dernières années, l’épicentre des violences jihadistes au Pakistan. Les districts de Hangu, Bannu, Lakki Marwat ou encore Bajaur connaissent une recrudescence des attentats, des embuscades et des attaques contre les postes militaires ou policiers. Les autorités pakistanaises affirment que de nombreux combattants du TTP bénéficient de sanctuaires situés de l’autre côté de la frontière afghane, une accusation régulièrement rejetée par le gouvernement taliban de Kaboul.

Depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, les services de renseignement pakistanais constatent une augmentation significative des attaques sur leur territoire. Selon plusieurs observateurs spécialisés dans les questions de sécurité régionale, le TTP a profité de la nouvelle situation géopolitique pour reconstituer ses capacités opérationnelles et intensifier ses actions contre Islamabad. Les autorités pakistanaises ont ainsi multiplié les opérations militaires dans les zones tribales et frontalières afin de contenir cette menace persistante.

Quelques heures avant cette attaque, l’armée pakistanaise avait annoncé avoir mené plusieurs opérations contre des groupes armés dans les provinces de Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan, affirmant avoir éliminé plusieurs dizaines de combattants. Cette succession d’opérations militaires et de représailles illustre l’intensification du conflit opposant les forces gouvernementales aux organisations jihadistes actives dans le nord-ouest du pays.

Au-delà du lourd bilan humain, cette nouvelle attaque souligne les difficultés rencontrées par les autorités pour sécuriser durablement cette région stratégique. Les postes de police et les installations militaires demeurent des cibles privilégiées des groupes armés, qui cherchent à fragiliser la présence de l’État dans ces territoires montagneux proches de la frontière afghane.

Le gouvernement pakistanais a condamné cette offensive et promis de poursuivre les opérations contre les responsables. Les forces de sécurité restent déployées autour de Hangu afin de prévenir toute nouvelle attaque, tandis qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances précises de l’assaut et identifier les éventuels complices ayant facilité l’opération.

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