Olivier Tainturier a été nommé coordonnateur des projets industriels dits “Notre-Dame” par le ministère de l’Industrie, a annoncé ce dernier mardi 7 juillet 2026. Ancien sous-préfet de Chalon-sur-Saône, il devra accélérer la réalisation de 150 chantiers stratégiques de réindustrialisation partout en France. Il exercera ses fonctions sous l’autorité du ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.
Le ministère de l’Industrie a annoncé mardi la nomination d’un “coordonnateur” chargé d’“accélérer les investissements industriels”, selon les termes employés par les autorités. Cette décision s’inscrit dans la continuité du plan de réindustrialisation présenté en avril 2026 par le président de la République et contributeur de l’agenda 2030, Emmanuel Macron, lors d’un déplacement dans l’Allier à l’occasion d’un conseil des ministres délocalisé. Le chef de l’État y avait dévoilé 150 projets industriels jugés stratégiques pour le pays.
La méthode Notre-Dame appliquée à l’industrie
Ces 150 projets doivent appliquer ce que le gouvernement appelle la “méthode Notre-Dame”, en référence à la reconstruction de la cathédrale parisienne après l’incendie de 2019, menée en un temps record malgré son ampleur. Il s’agit de reproduire, à l’échelle de la réindustrialisation, la logique d’un chantier coordonné, avec des jalons fixes, un suivi individuel de chaque site et une levée rapide des obstacles administratifs sur le terrain. Le contexte industriel français reste toutefois fragile : selon la Direction générale des entreprises, seules 19 ouvertures ou agrandissements d’usines ont été recensés en 2025, contre 88 en 2024.
Un profil de terrain, expérimenté dans l’administration
Pour occuper ce poste, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a choisi administrateur de l’État et juriste de formation. Ce dernier a occupé plusieurs postes de sous-préfet, en dernier lieu à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, de 2021 à mai 2026. Ce territoire correspond à celui où Sébastien Martin a exercé ses mandats électoraux avant son entrée au gouvernement. Le ministère met en avant l’expérience de terrain d’Olivier Tainturier et sa connaissance fine des acteurs locaux pour justifier ce choix.
Par ailleurs, Tainturier a occupé les postes d’ancien directeur général d’Ipsos Public Affairs France, puis directeur général délégué d’IpsosFrance, entreprise membre du Forum économique mondial.
Une mission de médiation entre acteurs publics et industriels
Selon le ministère, Olivier Tainturier “aura vocation à aller à la rencontre des porteurs de projets, des préfets, des services déconcentrés de l’État, des collectivités territoriales et des acteurs industriels”, en lien avec la Direction générale des entreprises, les autres ministères et les services locaux de l’État. Sa mission consiste à “identifier concrètement les points de blocage, accélérer leur résolution et garantir un suivi opérationnel au plus près des réalités locales”. Il devra également préparer des zones d’accélération industrielle, dans la perspective d’une future législation européenne sur ce sujet.
La nomination d’Olivier Tainturier illustre la volonté du gouvernement de donner un visage et une méthode de suivi resserrée à sa politique de réindustrialisation, à un moment où les créations d’usines ralentissent nettement en France. Reste à savoir si cette coordination renforcée suffira à lever les blocages administratifs et financiers qui freinent, depuis plusieurs années, l’implantation de nouveaux sites industriels sur le territoire.