Olivier Lebas : l’ex-commandant du Charles-de-Gaulle meurt lors d’une sortie d’alpinisme dans les Pyrénées

Le vice-amiral d’escadre (2S) Olivier Lebas est mort mercredi 12 août à 62 ans, dans une chute lors d’une sortie d’alpinisme dans les Pyrénées. Ancien commandant du porte-avions « Charles-de-Gaulle » et ancien préfet maritime de l’Atlantique, il avait servi trente-cinq ans dans la Marine nationale. Les hommages de la hiérarchie militaire se sont enchaînés dès l’annonce de sa mort.

Il gravissait le pic des Spijeoles, un sommet de 3 065 mètres qui domine le lac d’Oô, à quelques kilomètres de la frontière espagnole. Selon les éléments communiqués par la Marine nationale à La Dépêche du Midi, l’officier a chuté sur l’arête est, aux alentours de 2 700 mètres d’altitude. Les secours dépêchés par les CRS de Gavarnie n’ont pas pu le réanimer.

Olivier Lebas était en retraite depuis peu. Il avait quitté le service actif après une carrière entière passée sous uniforme, dont l’essentiel en vol ou en mer.

Du chasseur de mines au Crusader

Né à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, il avait débuté comme officier de quart sur un chasseur de mines, avant de rejoindre l’aéronautique navale. Devenu pilote de chasse, il avait volé sur Crusader puis sur Super-Étendard et servi au sein de la flottille 17F.

Il avait participé à plusieurs opérations extérieures : Kosovo, Irak, Afghanistan. Puis il avait commandé le groupe aéronaval, avant de prendre les commandes du « Charles-de-Gaulle », l’une des fonctions les plus recherchées de la Marine nationale. Le porte-avions, unique bâtiment à propulsion nucléaire de la flotte française, est aussi le poste où se juge une carrière d’officier général.

Il avait terminé son parcours comme préfet maritime de l’Atlantique, à Brest, autorité civile et militaire sur une façade qui va de la frontière espagnole au Mont-Saint-Michel.

« L’humilité d’un marin hors norme »

Le premier hommage est venu de Marc-Antoine de Saint-Germain, actuel préfet maritime de l’Atlantique, qui a salué sur LinkedIn « l’humilité d’un marin hors norme » et évoqué la mémoire d’un ami et d’un chef exemplaire.

Le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Cluzel, a réagi sur le même réseau, rappelant que le vice-amiral d’escadre Lebas avait consacré une grande partie de sa vie au service de la France.

Les messages ont afflué toute la journée de jeudi, d’anciens équipages, d’officiers de la flottille, de pilotes. Un chef que ses subordonnés citent par son prénom : ce n’est pas si fréquent.

Trente-cinq ans, deux mondes

La carrière d’Olivier Lebas recoupe trois décennies de transformation de la Marine nationale. Il entre en service à l’époque du Crusader, chasseur embarqué américain des années 1950 que la France a utilisé jusqu’en 1999. Il la termine à l’ère du Rafale Marine et des systèmes de combat en réseau. Entre les deux, le retrait du Clemenceau et du Foch, l’entrée en service du Charles-de-Gaulle en 2001, la professionnalisation des armées.

Les opérations auxquelles il a participé racontent la même chronologie : le Kosovo en 1999, l’Irak, l’Afghanistan. Trois théâtres où l’aéronautique navale française a été engagée depuis un porte-avions, loin de ses bases, dans des dispositifs de coalition.

Le commandement du groupe aéronaval, qu’il a exercé avant celui du porte-avions lui-même, place un officier à la tête de l’ensemble des bâtiments qui escortent le Charles-de-Gaulle : frégates, sous-marin nucléaire d’attaque, bâtiment ravitailleur. C’est le poste où se mesure la capacité d’un pays à projeter sa puissance sans demander l’autorisation à personne.

La montagne, encore

Sa disparition en rappelle une autre. Le 18 août 2023, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des armées et responsable du chantier de restauration de Notre-Dame de Paris, était mort dans les Pyrénées ariégeoises, lors d’une randonnée sur les pentes du mont Valier.

Deux ans presque jour pour jour séparent les deux accidents. Deux officiers généraux, deux sommets pyrénéens, deux carrières entières passées à commander des hommes ailleurs qu’en montagne.

La Marine nationale n’a pas communiqué sur les circonstances exactes de la chute. Olivier Lebas avait passé trente-cinq ans à ne jamais dépasser le niveau de la mer de plus de quelques centaines de mètres. Il est mort à 2 700.


Source : Paris Match – https://www.parismatch.com/Actu/lancien-commandant-du-charles-de-gaulle-olivier-lebas-meurt-a-62-ans-dans-une-chute-en-montagne-274083