La place Bellecour à Lyon, où se trouve le pavillon de l'Office du tourisme

Office du tourisme de Lyon : le pavillon de Bellecour menacé

Démolition, restauration ou reconstruction : l’avenir de l’Office du tourisme de Lyon est incertain, relève la presse lyonnaise. Incendié lors des violences du 17 octobre, le pavillon de la place Bellecour, construit en 1852, pourrait être entièrement démoli selon les premières conclusions des experts, rapportées par Le Progrès et Lyon Mag. Situé dans un site classé, le bâtiment ne pourra pas disparaître sans l’avis des Architectes des Bâtiments de France.

Le 17 octobre au soir, le pavillon est d’abord vandalisé, puis incendié. Lyon Capitale parle d’un incendie volontaire. L’intérieur est en grande partie détruit, et la fumée s’échappe encore le lendemain. Selon Lyon Mag, les flammes auraient dépassé les 1 000 degrés, suffisamment pour déformer la charpente.

Quatre jours plus tard, le toit menaçait de s’effondrer. Son démontage a été programmé et un second périmètre de sécurité installé. Aujourd’hui, le bâtiment est ceinturé de palissades métalliques de plus de trois mètres, qui masquent l’étendue des dégâts aux passants de Bellecour.

Un pavillon de 1852

L’édifice n’est pas un simple kiosque. Construit en 1852 par l’architecte Tony Desjardins, il fait partie du paysage de la plus grande place piétonne d’Europe, au coeur d’un centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998. La place Bellecour est un site classé depuis 1941, ce qui impose la consultation des Architectes des Bâtiments de France pour toute intervention.

Le 30 octobre, de nouveaux experts se sont rendus sur place. Leurs premières conclusions, rapportées par Le Progrès et reprises par Lyon Mag, pointent vers une démolition intégrale. Les ABF doivent examiner le bâtiment prochainement. Aucune décision définitive n’a été annoncée.

Trois scénarios, aucun chiffrage

Trois options sont sur la table. La démolition, privilégiée par les premiers diagnostics en raison des risques structurels. La restauration, qui supposerait de conserver ce qui peut l’être des maçonneries d’origine. Ou la reconstruction à l’identique, voie déjà empruntée pour d’autres monuments sinistrés. Aucun coût ni calendrier n’a été rendu public. Le relogement des services d’accueil touristique n’est pas évoqué dans les articles consultés.

La question du financement se posera vite. Assurance, Ville, éventuels fonds patrimoniaux : la reconstruction d’un bâtiment dans un site classé coûte cher, et prend du temps.

Un symbole dans la ville blessée

L’incendie de l’Office du tourisme est devenu l’une des images les plus fortes du 17 octobre, au même titre que les vitrines brisées de la Presqu’île. Le bâtiment accueille chaque année les visiteurs venus découvrir la ville. Sa disparition laisserait un vide au coeur de la carte postale lyonnaise.

Les experts trancheront sur la solidité des murs. Le choix entre reconstruire à l’identique ou imaginer autre chose sera, lui, politique.

Depuis 1852, le pavillon de Bellecour avait vu passer les Lyonnais, les touristes et les manifestations. Il n’avait encore jamais brûlé.


Source : Tribune de Lyon ; Lyon Mag ; Lyon Capitale ; ActuLyon ; Le Progrès