No Kings : des millions d’Américains se soulèvent contre la dérive autoritaire de Donald Trump

Des foules immenses ont envahi les rues des grandes villes américaines, samedi 18 octobre, pour dénoncer la politique jugée autoritaire du président Donald Trump. Sous la bannière « No Kings », plus de sept millions de manifestants ont crié leur attachement à la démocratie et leur refus d’un pouvoir qu’ils estiment monarchique. Une mobilisation d’ampleur inédite depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche, le 19 octobre dernier. Après un an de pouvoir, on constate que ceux qui annonçaient un mandat autoritaire avaient raison.

De New York à Los Angeles, en passant par les petites villes du Midwest, les États-Unis ont vibré samedi au rythme d’une contestation sans précédent. Selon les organisateurs, plus de sept millions de citoyens ont participé à plus de 2 700 rassemblements dans tout le pays. Le mouvement « No Kings », né il y a quelques mois, entend s’ériger en rempart contre ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » de Donald Trump.

Les slogans étaient explicites ont raisonné aux quatre coins du pays : « Pas de rois », « Ce n’est pas l’Amérique », « Combattez l’ignorance, pas les migrants ». À Washington, quelque dix mille personnes ont défilé dans une ambiance festive mais déterminée.

À New York, la manifestation a rassemblé plus de 100 000 personnes. Même dans les bastions conservateurs du Texas et de la Floride, les cortèges se sont formés. À Houston, les slogans appelaient à défendre la diversité, dans une ville où près d’un quart de la population est immigrée. Les pancartes rivalisaient de créativité : Donald Trump y apparaissait grimé en Staline, en Caesar, en reine d’Angleterre ou en Roi Soleil — autant de métaphores moquant son goût pour le pouvoir absolu.

L’humour a servi d’arme politique. Costumes de pingouins, déguisements de homards, drapeaux gonflables : les manifestants ont répondu aux accusations de « haine de l’Amérique » lancées par les partisans du président par une ironie assumée. À Seattle, un homme déguisé en Donald Trump prisonnier défilait aux côtés d’une pancarte évoquant les dossiers Epstein, symbole d’un système jugé corrompu.

Face à cette mobilisation massive, Donald Trump a choisi la provocation. Sur sa plateforme Truth Social, il a publié plusieurs vidéos générées par intelligence artificielle, le représentant en roi triomphant ou aux commandes d’un avion de chasse larguant des excréments sur des manifestants anti-Trump. Un geste dénoncé comme « méprisant » par plusieurs responsables démocrates.

Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président républicain multiplie les mesures controversées : limitation des pouvoirs du Congrès, menaces de représailles judiciaires contre ses opposants, déploiement de la Garde nationale dans des États démocrates au nom de la « sécurité ».

Pour certains, la situation évoque les heures sombres d’autres régimes. Au Capitole, la contestation a pris un tour plus politique. Bernie Sanders, figure emblématique de la gauche américaine, a galvanisé la foule : « Nous avons un président qui veut toujours plus de pouvoir entre ses mains et celles de ses acolytes oligarques. »

Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, a appelé à « défendre la Constitution par la rue, par le vote et par la vérité ».

Cette journée « No Kings » restera sans doute comme un tournant dans l’histoire politique récente des États-Unis : celui d’un peuple rappelant qu’en démocratie, aucun homme, fût-il président, ne peut se couronner roi.

Sources :
TV5MONDE – Mouvement “No Kings” : des millions d’Américains dans les rues contre la politique “autoritaire” de Trump – Lien
AFP – Dépêches du 18 octobre 2025 – Lien