You are currently viewing Nintendo : une amende record de 35 millions d’euros pour l’affaire des Joy-Con de la Switch
Photo : @thor Crisco 1492/wikimedia Commons

Nintendo : une amende record de 35 millions d’euros pour l’affaire des Joy-Con de la Switch

Nintendo of Europe a accepté une amende de 35 millions d’euros infligée par les autorités françaises pour sa gestion du problème de dérive des manettes Joy-Con de la Nintendo Switch. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes estime que le constructeur n’a pas suffisamment informé les consommateurs alors qu’il connaissait l’existence du défaut depuis plusieurs années. Cette sanction figure parmi les plus importantes jamais prononcées en France pour ce type de pratique.

La branche européenne de Nintendo fait face à une sanction majeure en France. Le 8 juin 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé une amende de 35 millions d’euros à l’encontre de Nintendo of Europe. Selon l’administration française, l’entreprise a adopté une communication insuffisante concernant les dysfonctionnements affectant certaines manettes Joy-Con de la console Nintendo Switch.

L’enquête menée par le Service national des enquêtes de la DGCCRF conclut que Nintendo avait identifié l’existence du problème dès 2018. Pourtant, le constructeur n’aurait commencé à communiquer publiquement sur cette défaillance qu’à partir de 2020, dans un contexte marqué par une plainte déposée par l’UFC-Que Choisir pour obsolescence programmée. La mise en place officielle d’un dispositif gratuit de réparation n’est intervenue qu’en 2023, à la suite d’une action coordonnée au niveau européen.

Pour les autorités françaises, cette absence d’information claire et immédiate a pu avoir des conséquences directes sur les consommateurs. La DGCCRF estime que de nombreux utilisateurs n’ont pas été suffisamment informés de la possibilité d’obtenir une prise en charge ou une réparation de leurs manettes. Certains auraient ainsi acheté de nouveaux Joy-Con alors qu’une solution existait ou aurait pu être proposée plus tôt. L’administration qualifie cette situation de « pratique commerciale trompeuse ».

Nintendo conteste toutefois avoir volontairement cherché à induire ses clients en erreur. Dans sa réaction, l’entreprise affirme que l’acceptation de l’accord transactionnel ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité mais correspond à une volonté de mettre un terme à la procédure judiciaire engagée.

Le dossier concerne le phénomène connu sous le nom de « Joy-Con drift », l’un des défauts techniques les plus médiatisés de l’histoire récente du jeu vidéo. Ce problème provoque des mouvements involontaires du joystick, même lorsque celui-ci n’est pas manipulé. Dans les jeux, les personnages peuvent alors se déplacer seuls ou répondre de manière erratique aux commandes du joueur. L’origine du dysfonctionnement a notamment été attribuée à l’usure des composants internes ainsi qu’à l’encrassement des capteurs.

Malgré cette controverse, la Nintendo Switch a connu un succès commercial exceptionnel depuis son lancement en 2017. La console s’est imposée comme l’une des machines les plus populaires de l’industrie vidéoludique, avec des ventes record à l’échelle mondiale. Le problème des Joy-Con a néanmoins touché un nombre important d’utilisateurs. Selon les estimations relayées par le spécialiste de la réparation électronique iFixit, près de 40 % des propriétaires de la console auraient été confrontés à ce défaut.

L’ampleur du phénomène a favorisé l’émergence d’une multitude de tutoriels en ligne expliquant comment réparer soi-même les manettes. Plusieurs médias spécialisés ont également rapporté que les centres chargés des réparations faisaient face à un afflux massif de Joy-Con défectueux, avec des volumes de traitement particulièrement élevés dès 2022.

Alors que la Nintendo Switch 2 est commercialisée depuis juin 2025, les premiers retours ne font pas état d’un problème comparable à grande échelle. Toutefois, certains observateurs soulignent que la nouvelle génération de manettes repose sur une technologie proche de celle utilisée sur la Switch originale. Si aucun défaut généralisé n’a été identifié à ce jour, la question de leur durabilité continuera d’être surveillée par les consommateurs comme par les associations de défense des utilisateurs.

Sources :
Le Monde – Nintendo condamné à 35 millions d’euros d’amende pour un défaut sur les manettes Joy-Con des consoles Switch (8 juin 2026) – lien

Laisser un commentaire