Chat tigre gris se reposant a l exterieur

Nine Lives : le chat qui décimait la faune néo-zélandaise capturé

Surnommé “Nine Lives” pour avoir échappé aux pièges pendant trois ans, un chat errant a été capturé le 30 juillet dans la péninsule de Purerua, dans le Northland, en Nouvelle-Zélande. Il aurait tué une trentaine de pāteke, le canard terrestre le plus rare du pays, ainsi que des poussins de kiwi et des geckos autochtones.

Grand tigré gris, l’animal doit son nom à sa capacité à déjouer, encore et encore, les pièges tendus par les équipes de conservation. “Ce chat en particulier était très erratique, ce n’était donc jamais un schéma prévisible, ce qui rendait le suivi très, très difficile”, résume Andy Mentor, responsable du projet Pest Free Purerua, qui a fini par le repérer après trois nuits consécutives de visites dans une carrière du secteur. Le 30 juillet, Nine Lives est enfin retrouvé dans une cage de piégeage. Il est abattu de manière contrôlée.

Une trentaine de canards rares au tableau de chasse

Le bilan attribué à l’animal donne la mesure des dégâts que peut causer un seul prédateur introduit dans un écosystème insulaire fragile : une trentaine de pāteke, ce canard terrestre brun considéré comme la plus rare des espèces néo-zélandaises, représenteraient à eux seuls 1 % de la population totale de l’espèce. S’y ajoutent des poussins de kiwi et des geckos autochtones, deux catégories d’animaux emblématiques de la faune que la Nouvelle-Zélande tente de préserver après des siècles de prédation par des espèces introduites.

La Nouvelle-Zélande en guerre contre les chats errants

L’affaire n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, la Nouvelle-Zélande multiplie les campagnes visant à réduire drastiquement la population de chats sauvages, considérés comme l’une des principales menaces pour des espèces d’oiseaux qui ont évolué sans prédateur terrestre naturel. Le corps de Nine Lives sera naturalisé à des fins pédagogiques, et le contenu de son estomac examiné pour mesurer plus précisément l’étendue de son appétit.

Trois ans de cavale, une carrière comme dernier refuge, un nom qui sonne comme une private joke de conservationniste épuisé : Nine Lives n’en avait, en réalité, qu’une.


Source : Courrier International — https://www.courrierinternational.com/article/animaux-fin-de-cavale-pour-neuf-vies-le-chat-errant-qui-decimait-la-faune-neo-zelandaise_256285