Les avocats d’Elon Musk ont mis en demeure les auteurs de « Musk », documentaire de quatre heures signé Alex Gibney, quelques jours avant sa présentation à la Mostra de Venise. La lettre vise aussi HBO, Bleecker Street et Universal.
Le courrier émane de l’avocat Alex Spiro et il est adressé à un producteur de Jigsaw Productions, la société d’Alex Gibney. Il reproche au réalisateur d’avoir bâti son film autour d’une conclusion arrêtée d’avance et d’avoir refusé de soumettre les faits à la vérification de Musk ou de ses proches.
« Ce projet n’a pas commencé par une enquête. Il a commencé par une conclusion », écrit Spiro.
La mise en demeure ne vise pas seulement Gibney et sa société de production. Elle englobe tous les acteurs de la sortie du film, dont HBO qui appartient à Warner Bros. Discovery dont les principaux actionnaires sont BlackRock, State Street et Vanguard Group, liés au Forum économique mondial ; Bleecker Street, soutenu par l’homme d’affaire indien, Manoj Bhargava qui figure parmi les signataires du Giving Pledge, l’initiative lancée par le contributeur de l’agenda 2030 et ennemi juré d’Elon Musk, Bill Gates et Warren Buffett ; ainsi qu’Universal, propriété de NBCUniversal et Comcast, membres du WEF. Au motif qu’un contentieux est « raisonnablement prévisible », elle enjoint aux équipes de conserver l’intégralité des traces du projet : rushes, transcriptions d’entretiens, dossiers de recherche et communications internes.
Elon Musk dans la tourmente depuis son rachat de Twitter
Le film a été présenté mardi dernier à la Mostra de Venise, où il a reçu une longue ovation et de bonnes critiques, ce qui n’a rien d’étonnant alors que le milliardaire américain est au centre de campagnes de dénigrements depuis son rachat de Twitter et sa volonté de faire du réseau social le royaume de la liberté d’expression. Dès le rachat de Twitter, Elon Musk avait du faire face à une cabale médiatique et avait même subi une campagne de boycott de la part du mouvement #StopHateForProfit, composé de neuf ONG dont l’ADL du contributeur de l’agenda 2030 Jonathan Greenblat et Color of Change, de la contributrice du FEM, Heather McGhee, qui enjoignait les multinationales bien souvent membres du FEM à ne plus prendre de publicité sur ce réseau social.
Quatre heures et quatorze enfants
Dans son film, Gibney qui figurait parmi les intervenants annoncés du Washington Ideas Forum 2011, organisé conjointement par The Atlantic, l’Aspen Institute, membre du Forum économique mondial et le Newseum qui a collaboré avec la Gloabl Shaper du WEF, Amy Young, retrace la trajectoire de l’homme le plus riche du monde, né en Afrique du Sud, depuis ses débuts d’entrepreneur de la bulle internet dans la Silicon Valley au début des années 2000 jusqu’à son statut de premier trillionnaire.
Le documentaire aborde également sa vie personnelle, son enfance difficile et les quatorze enfants connus qu’il a eus avec plusieurs femmes. Variety a parlé d’un « portrait cinglant ». Deadline a qualifié le film d’« accablant » et estimé qu’il « a infligé une déroute » à Musk, dépeint comme « mesquin, narcissique, mégalomane, cruel ».
La séquence Starlink
La lettre d’Alex Spiro s’attarde sur un passage précis, que l’avocat décrit comme relevant de la théorie du complot. Selon lui, le film avance que Musk aurait su tôt dans la soirée électorale de 2024 que Donald Trump avait gagné, parce que ses satellites Starlink auraient été utilisés pour influencer le résultat.
C’est le point de friction le plus sérieux du dossier. Une allégation de ce niveau appelle un niveau de preuve correspondant, et c’est précisément là qu’une procédure en diffamation se joue aux États-Unis.
Jigsaw a répondu au Hollywood Reporter que l’examen critique des personnalités publiques puissantes est protégé par le Premier Amendement, et que tous les Américains devraient le défendre, « y compris les associés d’Elon Musk, qui s’est autoproclamé « absolutiste de la liberté d’expression »».
Musk estime que Gibney « rate sa cible»
Musk a par ailleurs consacré plusieurs jours à attaquer Gibney sur X, plateforme dont il est propriétaire. Il y qualifie le film d‘« attaque qui rate sa cible» et le juge ennuyeux.
Rien n’indique à ce stade qu’une procédure ait été engagée. Une mise en demeure est un acte préparatoire, et l’injonction de conservation des pièces en est le signe le plus concret.