Mike D, cofondateur des Beastie Boys, sort son premier album solo, Thank You, quatorze ans après la mort de son complice Adam Yauch. À 60 ans, celui qui fut l’un des trublions du rap new-yorkais revient assagi, jusqu’à présenter des excuses pour l’attitude provocatrice du groupe à ses débuts.
De son vrai nom Michael Diamond, Mike D a formé les Beastie Boys avec ses camarades d’enfance Adam Yauch, alias MCA, et Adam Horovitz, alias Ad-Rock, dans le New York des années 1980 et 1990. Le groupe s’est imposé par une approche turbulente du rap et une bonne dose d’autodérision dans ses clips.
Du Punk au rap
Né dans la Big Apple au sein d’une famille juive aisée, Michael Diamond a étudié pendant six mois au Vassar College, à Poughkeepsie, dans l’État de New York. En 1979, il participe à la création du groupe The Young Aborigines. Deux ans plus tard, Adam Yauch, alias MCA, rejoint la formation en tant que bassiste, à la demande du guitariste John Berry. Le groupe adopte alors le nom de Beastie Boys.
En 1983, Adam Horovitz, alias Ad-Rock, intègre à son tour le groupe. Les Beastie Boys abandonnent progressivement leurs influences punk pour s’orienter vers le hip-hop, genre dans lequel ils connaîtront ensuite un important succès.
Adam Yauch est mort en 2012 d’un cancer combattu pendant trois ans, quelques mois après la sortie de l’album Hot Sauce Committee Part Two, en 2011. Depuis, Mike D n’avait jamais publié de disque solo.
Thank You, un disque publié le 28 août
C’est chose faite avec Thank You, sorti le 28 août 2026. Le musicien a présenté l’album à Paris fin juin, avant une date annoncée à Lausanne le 3 novembre. Loin du tapage médiatique qui a longtemps accompagné les Beastie Boys, cette sortie solo s’accompagne d’un ton posé, presque introspectif.
« Si nous avons été un peu malpolis, je présente mes excuses »
C’est la phrase qui résume le virage. Interrogé sur le comportement du groupe à ses débuts, Mike D reconnaît : « Si nous avons été un peu malpolis, je présente mes excuses. Comme nous étions jeunes, nous pensions que pour nous distinguer du reste du monde nous devions adopter une certaine attitude. » Une autocritique rare pour un groupe qui avait fait de la provocation une marque de fabrique, entre frasques scéniques et titres volontairement potaches.
Le rappeur qui ne voulait plus jouer un rôle
Ce que raconte Mike D en creux, c’est la distance prise avec le personnage qu’il a longtemps incarné sur scène. À 60 ans, l’ancien sale gosse du hip-hop new-yorkais assume un rôle plus feutré, celui d’un artiste qui explique plutôt qu’il ne provoque, et qui préfère le récit personnel à la posture.
Trente-cinq ans après leurs débuts, les Beastie Boys ont fini par grandir. Il ne restait plus qu’à s’excuser.
Source : Le Temps — letemps.ch