Condamnés respectivement à vingt-six et dix-neuf ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’ancien international argentin de rugby Federico Martin Aramburu, Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont décidé de faire appel. Les deux hommes, issus de l’ultradroite parisienne, seront donc rejugés pour ce crime commis par balles en mars 2022 au cœur de Paris.
Un nouveau procès se profile dans l’affaire du meurtre de Federico Martin Aramburu. Loïk Le Priol a fait appel lundi 5 octobre de sa condamnation à vingt-six ans de réclusion criminelle, selon une source judiciaire citée par Le Monde et l’AFP.
Romain Bouvier, condamné à dix-neuf ans de réclusion, avait déjà engagé la même démarche. Les deux hommes seront donc rejugés devant une cour d’assises d’appel.
Le premier procès s’était achevé le 25 septembre 2026 après trois semaines de débats consacrés à la mort de l’ancien international argentin de rugby, abattu à Paris quatre ans auparavant.
Federico Martin Aramburu, ancien joueur du Biarritz Olympique et international argentin, avait été tué par balles le 19 mars 2022, après une altercation survenue dans un établissement parisien.
Une dispute dans une brasserie avant les coups de feu
L’affaire avait commencé par une altercation à la terrasse d’une brasserie. La confrontation s’était ensuite poursuivie à l’extérieur.
Romain Bouvier avait été le premier à ouvrir le feu. Au total, les deux hommes avaient tiré dix fois en direction de Federico Martin Aramburu, qui n’était pas armé.
Durant leur procès, Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont contesté avoir eu l’intention de tuer l’ancien rugbyman.
Ils ont affirmé avoir utilisé leurs armes pour parvenir à se dégager, expliquant avoir craint la puissance physique de Federico Martin Aramburu et de son ami Shaun Hegarty, lui aussi ancien joueur de rugby.
Les accusés avaient également tenté de convaincre les jurés que les violences ayant précédé les tirs avaient initialement été commises par les deux rugbymen.
Cette version n’a pas convaincu la cour d’assises lors du premier procès.
La cour avait évoqué une « alchimie funeste »
Dans son verdict rendu le 25 septembre, la cour avait particulièrement insisté sur la dynamique entre les deux accusés.
Elle avait notamment évoqué une « alchimie funeste du duo », ainsi que leur intérêt commun pour les armes et la violence. Les magistrats avaient également fait référence à l’idéologie qui animait alors Loïk Le Priol.
Ces éléments avaient accompagné la condamnation du jeune homme à vingt-six années de réclusion criminelle, tandis que Romain Bouvier avait écopé de dix-neuf ans.
Les deux accusés, âgés respectivement de 32 et 35 ans selon Le Monde, disposent désormais d’une nouvelle possibilité de défendre leur version des événements devant une autre cour.
L’appartenance à l’ultradroite au cœur des débats
Le premier procès avait également largement abordé le parcours politique et militant des deux accusés, présentés comme appartenant à la mouvance de l’ultradroite parisienne radicale.
Cette dimension de l’affaire a occupé une place importante durant les trois semaines d’audience, au point de susciter les critiques de la défense.
Hugues Vigier, l’un des avocats de Romain Bouvier, a notamment estimé que l’appartenance idéologique de son client avait pris une place disproportionnée au cours des débats.
L’avocat a rappelé que ni un mobile raciste ni un mobile idéologique n’avaient été juridiquement retenus comme circonstances du crime. Selon lui, la présentation répétée de son client à travers son appartenance à l’ultradroite aurait contribué à construire une image particulièrement négative de l’accusé, au détriment de l’examen des faits eux-mêmes. Cette question devrait donc de nouveau occuper une place importante lors du procès en appel.
Un deuxième procès pour déterminer à nouveau leur responsabilité
En faisant tous les deux appel, Loïk Le Priol et Romain Bouvier remettent en jeu les condamnations prononcées en première instance.
Le nouveau procès devra réexaminer les circonstances de la mort de Federico Martin Aramburu, la succession des événements depuis l’altercation initiale jusqu’aux tirs et, surtout, l’intention des deux accusés lorsqu’ils ont fait usage de leurs armes.
La défense devrait à nouveau soutenir l’absence d’intention homicide, tandis que les faits matériels et les témoignages ayant occupé le premier procès seront réexaminés devant une nouvelle cour d’assises.
Quatre ans après la mort de l’ancien international argentin dans les rues de Paris, l’affaire judiciaire Federico Martin Aramburu est ainsi loin d’être terminée.
Sources :
Le Monde avec AFP, « Meurtre de Federico Martin Aramburu : Loïk Le Priol et Romain Bouvier font appel », publié le 5 octobre 2026.