Un ressortissant irlandais de 60 ans, Patrick O’Brien, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour des menaces antisémites à Avignon, proférées en août dans un supermarché contre des touristes australiens juifs. La scène, filmée et largement diffusée, avait fait réagir le gouvernement. L’enquête a mis au jour d’autres messages haineux dans son téléphone, selon La Provence.
Le 11 août, dans un supermarché d’Avignon, dans le Vaucluse, un couple de touristes australiens de confession juive fait ses courses. Patrick O’Brien, un Irlandais de 60 ans, les prend violemment à partie. La vidéo de l’altercation circule tout l’été sur les réseaux sociaux. On l’y entend scander « ramenez Hitler », menacer la femme du couple d’une balle dans la tête et regretter que le dictateur nazi n’ait pas achevé son œuvre, selon Le Parisien, qui s’appuie sur La Provence et le Daily Mail.
La séquence avait fait réagir jusqu’au sommet de l’État. Dans un communiqué, le gouvernement avait dénoncé une violence aussi glaçante qu’inacceptable. Les images, tournées par des témoins, ont servi de pièce maîtresse à l’enquête. Elles ont permis d’identifier l’auteur des propos et de reconstituer la scène, du premier éclat de voix aux menaces de mort.
Six mois et quelques centaines d’euros
Le tribunal a condamné Patrick O’Brien à six mois de prison avec sursis. Il devra verser 500 euros à chacune de ses victimes et 300 euros aux associations qui se sont constituées parties civiles dans la procédure.
Le Code pénal punit les menaces de mort de trois ans d’emprisonnement, et la peine encourue est aggravée lorsque les faits sont commis en raison de l’appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une religion. La peine prononcée reste sans incarcération. Chacun la mesurera à l’aune des images.
Un téléphone plein de rancœur
L’avocate Annie Cohen représentait des associations parties civiles. Dans les colonnes de La Provence, elle affirme que l’enquête a révélé de nombreux messages de haine dans le téléphone du prévenu, antérieurs aux faits. L’un d’eux aurait qualifié d’ordures les immigrés venus du tiers-monde et appelé à s’en débarrasser en Europe. D’autres extraits s’en prenaient aux Arabes et aux Noirs et décrivaient une France envahie.
Pour l’avocate, la scène du supermarché n’avait donc rien d’un dérapage. Elle y voit l’expression publique d’une pensée déjà formulée en privé.
Un jugement dans un automne lourd
Les faits remontent à l’été. Le jugement tombe dans un automne marqué par l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière, le 23 octobre, qui a fait un mort et cinq blessés dans les Yvelines. Les deux dossiers n’ont aucun lien judiciaire. Ils ont en commun d’avoir été, cette fois, nommés pour ce qu’ils sont par les autorités.
Patrick O’Brien réclamait le retour d’Hitler entre deux rayons. La justice lui a rappelé, avec sursis, dans quel pays il faisait ses courses.