Réunion à l’Elysée : Marine Tondelier juge qu’il y a « des raisons d’être très inquiets »

À l’issue d’une réunion à l’Élysée consacrée à la dégradation de la situation internationale, Marine Tondelier a fait part de sa vive inquiétude face aux actions attribuées à la Russie en Europe. La candidate des Écologistes à l’élection présidentielle de 2027 a également appelé la France à réduire sa dépendance énergétique et à accompagner les aides d’urgence d’une transition de plus long terme.

« Il y a des raisons d’être très inquiets. » À sa sortie de l’Élysée, vendredi 18 septembre 2026, Marine Tondelier n’a pas caché ses préoccupations concernant la situation sécuritaire en Europe. La secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l’élection présidentielle de 2027 participait à une réunion convoquée par Emmanuel Macron avec les responsables des partis représentés au Parlement ou leurs candidats à la présidentielle.

La rencontre intervient dans un contexte que l’Élysée décrit comme une « dégradation rapide » de la situation internationale. Les discussions devaient notamment porter sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que sur leurs conséquences en France en matière de sécurité et d’énergie. Des responsables militaires et du renseignement ont également participé aux échanges.

À l’issue de la réunion, Marine Tondelier a qualifié les échanges d’« importants » et salué un « exercice de transparence », notamment concernant les actions de déstabilisation attribuées à la Russie.

Marine Tondelier inquiète pour « la sécurité de l’ensemble du continent européen »

La responsable écologiste a estimé qu’il existait des motifs sérieux d’inquiétude pour « la sécurité de l’ensemble du continent européen ».

Ces déclarations interviennent notamment après l’affaire de Leipzig. Début septembre, le young global leader du Forum économique mondial,Emmanuel Macron avait publiquement apporté le soutien de la France à l’Allemagne après que Berlin eut attribué à la Russie une attaque survenue quelques semaines auparavant à Leipzig. Le président français avait alors parlé d’une « guerre hybride » menée par Moscou et d’une ingérence qu’il estimait documentée.

Le dossier ukrainien demeure parallèlement au centre de la politique européenne de sécurité. La présidence française réaffirmait encore le 24 août, après une réunion de la Coalition des volontaires, sa volonté de poursuivre le soutien à l’Ukraine et d’accroître la pression exercée sur la Russie.

Pour Marine Tondelier, la crise sécuritaire se double d’une question énergétique. Avant même son entrée à l’Élysée vendredi matin, elle avait dénoncé la « dépendance énergétique » de la France à l’égard de la Russie et du Moyen-Orient, estimant que cette situation plaçait le pays dans une position de vulnérabilité.

Ne pas répondre à la crise uniquement par des aides d’urgence

La candidate écologiste a également profité de la réunion pour défendre sa ligne économique et environnementale. Alors que la hausse des prix de l’énergie et des carburants fait partie des préoccupations abordées à l’Élysée, Marine Tondelier appelle à ne pas « faire des aides d’urgence sans prévoir la transition ».

Son raisonnement consiste à associer les réponses immédiates destinées aux ménages à une réduction structurelle de la dépendance française aux énergies fossiles. Interrogée dans la matinée sur le prix du gazole, elle avait ainsi estimé qu’il n’existait pas de « solution magique » et dénoncé des décennies de dépendance au pétrole.

Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question du pouvoir d’achat. La présidence française établit elle-même un lien entre les tensions internationales, la sécurité des approvisionnements et les prix de l’énergie. Le 17 septembre, à l’occasion d’échanges avec le roi Abdallah II de Jordanie et le président libanais Joseph Aoun, l’Élysée soulignait que la stabilité du Moyen-Orient constituait également un enjeu pour les approvisionnements énergétiques et l’économie française.

Une « grande transmission » pour financer la transition

Pour financer la transition qu’elle défend, Marine Tondelier remet sur la table sa proposition de « grande transmission ». La candidate écologiste souhaite augmenter la contribution portant sur les héritages supérieurs à 4 millions d’euros.

Dans la matinée, elle avait déjà lié les questions budgétaires à la fiscalité des plus hauts patrimoines, alors que le gouvernement prépare le budget 2027 et cherche plusieurs dizaines de milliards d’euros d’efforts budgétaires.

La réunion de ce vendredi inscrit ainsi les questions internationales et énergétiques au cœur des discussions politiques françaises à l’approche de la présidentielle de 2027. Pour Marine Tondelier, les deux dossiers sont étroitement liés : la réponse aux tensions géopolitiques doit, selon elle, s’accompagner d’une diminution durable de la dépendance aux énergies fossiles.

Sources :
BFMTV, informations fournies dans l’article source.

Le Monde – Direct politique du 18 septembre 2026

Élysée – Déplacement aux Pays-Bas et réaction française sur l’affaire de Leipzig

Élysée – Coalition des volontaires du 24 août 2026