Mélenchon et l’Union européenne : « nous désobéirons » devant le Medef

Devant le patronat réuni à Roland-Garros pour La REF 2026, Jean-Luc Mélenchon a promis que la France désobéirait aux décisions de l’Union européenne contraires aux intérêts des Français. Le candidat de la France insoumise a réclamé dans la foulée une modification du traité qui fonde l’Union. La séquence s’est déroulée le jeudi 27 août 2026, lors du premier débat de la campagne présidentielle réunissant sept candidats, rapporté par Le Figaro et l’AFP.

Court central de Roland-Garros, jeudi 27 août, en fin de journée. Sept candidats à l’élection présidentielle de 2027 se succèdent devant les chefs d’entreprise réunis par le Medef pour La REF, ses Rencontres des entreprises de France. Vient la question européenne. Jean-Luc Mélenchon ne s’embarrasse d’aucune précaution oratoire. « Sur la question européenne, je vous dis les choses comme elles sont : tout ce qui viendra de l’Europe en contradiction avec les intérêts des Français tels qu’ils sont décrits par leur vote et les programmes, nous désobéirons », déclare le candidat de la France insoumise

La phrase n’est pas une saillie de tribune. Elle est présentée par l’intéressé comme la condition du respect de la parole donnée à ses électeurs. Si les insoumis parvenaient à l’Élysée, Paris ne répondrait donc pas automatiquement aux demandes de Bruxelles. Le raisonnement tient en une ligne : un programme validé par un vote prime, à ses yeux, sur une décision européenne qui le contredirait.

« Sinon nous allons mourir »

Le candidat enchaîne aussitôt sur le cadre juridique lui-même. « Nous devons donc modifier le traité qui fait l’Union européenne, parce que sinon nous allons mourir politiquement, socialement et industriellement parce que nous ne sommes pas en état de résister », ajoute-t-il. La désobéissance n’apparaît pas comme une fin en soi, mais comme un levier : refuser d’appliquer pour obtenir de renégocier.

Devant un auditoire de dirigeants d’entreprise, l’ancien député des Bouches-du-Rhône a par ailleurs défendu une hausse des salaires comme moyen d’éviter la récession, selon Sud Radio, qui a suivi le débat diffusé en direct sur LCI. La menace qu’il décrit ne porte donc pas d’abord sur l’état de l’économie française, mais sur la capacité du pays à discuter des règles qu’il n’écrit pas seul.

Le plan A a dix ans

Sur le fond, la position n’est pas neuve. Elle figure dans L’Avenir en commun, le programme de la France insoumise, depuis 2017, et se déploie en deux temps. Le plan A propose une réécriture des traités européens afin d’y inscrire des priorités écologiques et sociales et le respect de la souveraineté des peuples. Le plan B prévoit une sortie de l’Union européenne, réservée aux cas d’absolue nécessité et soumise à référendum, comme l’exposait Politis en novembre 2017.

Les mesures rattachées à ce plan B étaient alors nommées sans détour : sauvetage des services publics, protectionnisme écologique et social aux frontières du pays, réquisition de la Banque de France pour reprendre la main sur la monnaie. À Roland-Garros, Jean-Luc Mélenchon n’a évoqué que la modification du traité. Pas la sortie. Devant le Medef, la nuance n’est pas anodine.

Sur le plateau de Darius Rochebin, Thierry Breton a ensuite enjoint Mélenchon à se montrer plus claire et à annoncer son potentiel Frexit.

Sept candidats, une même estrade

Le débat a duré deux heures trente. Cinq chefs d’entreprise ont interrogé les candidats sur la dette et les dépenses publiques, la réindustrialisation, le coût du travail, les normes et la fiscalité, avec la possibilité de se répondre entre eux, selon La Gazette France. Le président du Medef, Patrick Martin, avait fixé l’attente de son organisation en réclamant « un programme présidentiel de libertés ».

Autour de Jean-Luc Mélenchon figuraient Marine Le Pen pour le Rassemblement national, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau pour Les Républicains et Marine Tondelier pour Les Écologistes. La candidate du Rassemblement national a avancé un plan d’économies de 125 milliards d’euros et chiffré à 1 000 milliards d’euros la dette supplémentaire accumulée sous les mandats d’Emmanuel Macron, selon Sud Radio.

Deux anciens Premiers ministres partageaient l’estrade avec lui. Édouard Philippe a participé aux réunions du groupe Bilderberg de 2024 et de 2025, dont les listes de participants sont rendues publiques. Gabriel Attal figurait lui aussi parmi les participants de la réunion de 2025 et a été nommé Young Global Leader par le Forum économique mondial en 2020. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a, de son côté, plaidé devant le patronat pour mettre fin à « l’open bar des arrêts de travail », selon La Gazette France.

Le premier tour est fixé au 18 avril 2027, le second au 2 mai. Huit mois pour mesurer ce que pèse un verbe conjugué au futur.


Source : Le Figaro – https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/presidentielle-nous-desobeirons-aux-demandes-europeennes-en-contradiction-avec-les-interets-des-francais-promet-melenchon-20260827