Médecins sans frontières (MSF) a lancé un nouvel appel public demandant la libération immédiate des professionnels de santé palestiniens détenus par les autorités israéliennes. L’organisation dénonce des arrestations qui fragilisent encore davantage un système de santé déjà gravement affecté par le conflit dans la bande de Gaza. Cet appel s’inscrit dans un contexte de guerre marqué par la destruction d’infrastructures médicales, des pénuries de matériel et des difficultés croissantes d’accès aux soins.
Médecins sans frontières (MSF) a renouvelé son appel en faveur de la libération des professionnels de santé palestiniens détenus par Israël, estimant que leur arrestation porte gravement atteinte au fonctionnement du système de santé dans les territoires palestiniens. L’organisation humanitaire affirme que les médecins, infirmiers, ambulanciers et autres personnels médicaux doivent pouvoir exercer leur mission sans craindre d’être arrêtés ou détenus en raison de leur activité professionnelle.
Dans un communiqué publié en juillet 2026, l’ONG rappelle que les travailleurs de la santé bénéficient d’une protection spécifique au regard du droit international humanitaire. Selon MSF, les arrestations de soignants, combinées aux bombardements ayant touché de nombreux établissements médicaux et aux restrictions imposées aux déplacements, contribuent à l’effondrement progressif des capacités de prise en charge des blessés et des malades dans la bande de Gaza.
Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre 2023, le système de santé gazaoui traverse une crise sans précédent. L’attaque menée par le Hamas sur le territoire israélien a causé la mort d’environ 1 200 personnes selon les autorités israéliennes, tandis que plus de 250 personnes avaient été prises en otage. En réponse, Israël a lancé une vaste opération militaire dans la bande de Gaza.
Au fil des mois, les combats ont provoqué des destructions massives d’infrastructures civiles, notamment des hôpitaux, des centres de santé et des cliniques. Les organisations humanitaires, les Nations unies ainsi que plusieurs agences internationales alertent régulièrement sur les conséquences de ces opérations militaires pour les civils, confrontés à des pénuries de médicaments, de carburant, d’eau potable et d’équipements médicaux.
Dans ce contexte, les personnels soignants représentent l’un des derniers piliers permettant encore d’assurer une prise en charge médicale de la population. Pour MSF, leur détention prive directement les patients de compétences indispensables alors même que les besoins humanitaires ne cessent d’augmenter.
L’organisation indique que plusieurs membres du personnel médical palestinien ont été arrêtés au cours des opérations militaires israéliennes. Certains sont détenus depuis plusieurs mois sans que leurs proches ou leurs collègues disposent d’informations complètes sur leur situation. MSF demande que leur sort soit clarifié et que les personnes détenues bénéficient des garanties prévues par le droit international, notamment l’accès à leur famille, à un avocat ainsi qu’à des soins médicaux si nécessaire.
Parmi les cas évoqués figurent plusieurs médecins exerçant dans des établissements hospitaliers de Gaza. Des associations médicales internationales et des organisations de défense des droits humains réclament également davantage de transparence concernant les conditions de détention des personnels de santé palestiniens.
Les autorités israéliennes affirment, de leur côté, procéder à des arrestations lorsqu’elles estiment disposer d’éléments laissant penser que certaines personnes entretiennent des liens avec des groupes armés, notamment le Hamas. Israël soutient que ses opérations visent à neutraliser les capacités militaires de cette organisation, considérée comme terroriste par Israël, les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs autres pays. Les autorités israéliennes contestent régulièrement certaines accusations formulées par les ONG concernant leurs opérations militaires.
MSF rappelle toutefois qu’en vertu des Conventions de Genève, les personnels médicaux doivent être protégés lorsqu’ils accomplissent leurs fonctions. L’organisation insiste sur le fait que les hôpitaux, les ambulances et les équipes médicales ne doivent pas devenir des cibles du conflit, sauf dans les circonstances très limitées prévues par le droit international humanitaire.
Depuis le début de la guerre, plusieurs organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les Nations unies, ont multiplié les mises en garde concernant la dégradation du système de santé à Gaza. L’OMS a recensé de nombreuses attaques contre des infrastructures médicales et souligne que la majorité des hôpitaux de l’enclave fonctionnent de manière très réduite ou ne sont plus opérationnels en raison des dégâts, des évacuations forcées ou du manque de ressources.
MSF explique que ses propres équipes continuent d’intervenir dans des conditions particulièrement difficiles. Les chirurgiens, anesthésistes, infirmiers et logisticiens de l’organisation travaillent avec des stocks limités et dans des établissements souvent surchargés par l’afflux de blessés. L’organisation affirme que la protection du personnel médical constitue une condition essentielle au maintien d’une réponse humanitaire efficace.
L’appel lancé par MSF intervient alors que les négociations diplomatiques autour d’un cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide humanitaire demeurent particulièrement complexes. Plusieurs médiateurs internationaux poursuivent leurs efforts afin de parvenir à un accord permettant notamment l’entrée de davantage d’aide humanitaire dans la bande de Gaza ainsi que la libération des personnes retenues de part et d’autre.
En demandant la libération des soignants palestiniens détenus, Médecins sans frontières affirme vouloir rappeler un principe fondamental du droit international humanitaire : les professionnels de santé doivent pouvoir exercer leur mission de protection et de secours auprès des populations civiles, même au cœur des conflits armés. Pour l’organisation, préserver ces personnels revient également à préserver les dernières capacités du système de santé gazaoui, confronté depuis près de trois ans à une crise humanitaire majeure.
Sources :
- Médecins sans frontières (MSF) – Communiqués officiels : https://www.msf.org/
- Organisation mondiale de la santé (OMS) : https://www.who.int/
- Comité international de la Croix-Rouge (CICR) : https://www.icrc.org/
- Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) : https://www.unocha.org/