L’international français Matteo Guendouzi a adressé des doigts d’honneur au public de l’Olympique lyonnais, mercredi 26 août, pendant l’échauffement du barrage de Ligue des champions entre l’OL et Fenerbahçe, à Décines. Le milieu de terrain de 27 ans, seize sélections en équipe de France, répondait aux sifflets d’un stade annoncé comble. La rencontre faisait suite au match nul 1-1 concédé par les deux équipes en Turquie la semaine précédente. L’OL s’est finalement incliné 2 à 1 dans une ambiance chaotique.
Il n’a pas attendu le coup d’envoi. Mercredi 26 août, à Décines, Matteo Guendouzi sort sur la pelouse pour l’échauffement de Fenerbahçe. Les tribunes lyonnaises le reconnaissent immédiatement et le sifflent. Le milieu de terrain français répond par des doigts d’honneur adressés au public, avant même que le barrage de Ligue des champions ait commencé.
La scène dure quelques secondes. Elle est filmée, isolée, diffusée. Le joueur affirme avoir répondu au public. L’ambiance du match était déjà tendue avant l’incident ; elle ne s’est pas apaisée après.
Le passif marseillais n’a pas fondu
L’hostilité des tribunes lyonnaises ne date pas de ce mercredi. Elle remonte à la période marseillaise du joueur. Entre 2021 et 2023, Matteo Guendouzi a disputé 103 rencontres sous le maillot de l’Olympique de Marseille, l’adversaire historique de l’OL dans ce que le football français appelle l’Olympico. Deux saisons pleines suffisent parfois à installer une inimitié durable.
Le joueur n’a pas laissé un bon souvenir aux supporters lyonnais. Le style de Guendouzi, fait de provocations assumées et d’engagement permanent, avait déjà nourri plusieurs polémiques pendant son passage sur la Canebière. Le changement de maillot n’a rien effacé : à Décines, c’est l’ancien Marseillais qui était sifflé, pas seulement le joueur turc de passage.
Le milieu de terrain a quitté la Ligue 1 pour la Serie A avant de rejoindre la Turquie. Trois championnats, trois publics, un même registre. Les tribunes lyonnaises n’avaient visiblement pas tourné la page.
Un stade plein pour un match à couteaux tirés
Le contexte sportif explique en partie la température. Le match aller, joué en Turquie la semaine précédente, s’était achevé sur un match nul 1-1. Tout restait donc à faire au retour, à Décines, où l’OL recevait dans son enceinte. Le club lyonnais s’est finalement incliné 2 à 1.
L’enjeu n’était pas mince pour les deux clubs. La qualification donne accès à la phase de groupes de la Ligue des champions, avec les revenus de diffusion et de billetterie qui l’accompagnent. Pour un club français encore engagé dans un plan de redressement financier, comme pour un club turc dont les ambitions européennes structurent le budget, la différence entre la qualification et l’élimination se compte en dizaines de millions d’euros.
La tension monte d’un cran
La tension est progressivement montée au fil de la rencontre, notamment en raison de l’attitude très démonstrative de Guendouzi lors de la qualification de son équipe (1-2, 2-3 sur l’ensemble des deux matchs). Le milieu de terrain s’est notamment illustré en reprenant le célèbre signe de Jul, rappeur emblématique de Marseille. Au coup de sifflet final, les esprits se sont échauffés sur la pelouse avant que les tensions ne se prolongent dans les couloirs du Groupama Stadium.
Les réactions
Loïs Openda a préféré ne pas s’attarder sur les incidents survenus après la rencontre. Au micro de Canal+, l’attaquant lyonnais a regretté une scène donnant « une mauvaise image », tout en estimant qu’il était préférable de se concentrer sur d’autres sujets, notamment l’échec de l’OL dans sa quête d’un retour en Ligue des champions, six ans après sa dernière participation.
Corentin Tolisso s’est montré plus sévère envers Mattéo Guendouzi. Le capitaine lyonnais a expliqué lui avoir demandé de faire preuve de davantage d’humilité dans la victoire et de rejoindre ses coéquipiers pour célébrer la qualification dans les vestiaires. Selon Tolisso, le milieu de terrain lui aurait répondu avoir été pris à partie verbalement par les supporters lyonnais. Un argument qui n’a pas convaincu l’international français, celui-ci rappelant que les joueurs subissent régulièrement des insultes lorsqu’ils évoluent à l’extérieur et qu’elles ne doivent pas justifier de telles réactions.
De son côté, Mattéo Guendouzi a assumé son attitude en zone mixte, tout en donnant sa version des événements. Le joueur de 27 ans affirme avoir subi pendant toute la rencontre des insultes visant sa mère et sa famille. Il considère donc ses célébrations comme une réponse aux provocations venues des tribunes, estimant que « ça taquine dans les deux sens ».
Le milieu de terrain a également regretté l’absence d’intervention face aux insultes qu’il dit avoir entendues durant plus de 90 minutes. Guendouzi estime que lorsque la famille, la mère ou les enfants d’un joueur sont pris pour cible, les officiels devraient intervenir auprès des tribunes et, si nécessaire, envisager une interruption de la rencontre.
Une séquence qui tourne en boucle
La scène a été relayée par le compte CANAL+ Foot, qui a diffusé sur le réseau social X la vidéo des retrouvailles entre Matteo Guendouzi et les supporters lyonnais pendant l’échauffement. Le format court, isolé de son contexte, s’est propagé en quelques minutes.
Les réactions ont été massivement défavorables au joueur. L’immense majorité des commentaires sous la vidéo étaient négatifs, une large part relevant de l’insulte pure. Parmi les plus mesurés figurait un mot : « La honte ». Le quotidien régional précise que ce commentaire compte parmi les plus retenus de la séquence.
e geste, capté par une caméra de diffusion, a ainsi eu une seconde vie bien plus large que les quelques rangées de tribunes qu’il visait. Guendouzi ne passera pas ses prochaines vacances à Décines.
Source : La Dépêche du Midi, Eurosport