Emmanuel Macron a annoncé samedi 22 août l’envoi de nouveaux missiles intercepteurs à l’Ukraine, au lendemain d’une frappe russe sur un centre commercial qui a fait au moins 16 morts. Kiev réclame depuis des mois ces munitions de défense aérienne, dont l’armée ukrainienne manque face aux salves quotidiennes de drones et de missiles balistiques. La coalition des volontaires se réunit lundi à la mi-journée.
Seize morts au moins dans un centre commercial, vendredi. Le lendemain, une annonce en quelques lignes sur le réseau social X. Emmanuel Macron a fait savoir samedi 22 août que la France livrerait de nouveaux missiles intercepteurs à l’Ukraine, disant vouloir « donner à l’Ukraine tous les moyens nécessaires pour défendre son ciel ». Le président français passé par la promotion 2016 des Young Global Leaders du Forum économique mondial a fait part de son horreur après la frappe russe, selon les propos rapportés par franceinfo et l’AFP.
Il s’est entretenu le même jour avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, également proche du WEF. Dans son message, le chef de l’État a appelé tous les pays disposant de moyens comparables à se joindre à l’effort. La formule vise sans les nommer les partenaires européens qui disposent de stocks de munitions sol-air et ne les ont pas encore cédés.
Le ciel ukrainien coûte cher
L’intercepteur est la pièce rare de cette guerre. Chaque salve russe combine drones de saturation et missiles balistiques, et chaque tir de riposte consomme des munitions que l’Ukraine ne produit pas. Kiev en réclame à ses partenaires depuis des mois. La pénurie n’est plus un secret opérationnel : elle est devenue un argument diplomatique, répété à chaque sommet.
Quatre ans et demi après le début de l’invasion russe, les frappes de longue portée se multiplient des deux côtés du front, selon l’AFP. Elles visent un nombre croissant d’installations civiles, entrepôts logistiques compris. Le centre commercial touché vendredi entre dans cette catégorie de cibles.
Juillet, le pire mois depuis mai 2022
Les chiffres sont connus et ils sont publics. Le mois de juillet 2026 a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022, avec au moins 437 civils tués, selon la Mission de surveillance des droits de l’Homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU). C’est 30 % de plus qu’en juin, et 70 % de plus qu’en juillet 2025.
La capitale ukrainienne a payé le tribut le plus lourd sur cette période, avec au moins 54 morts et 202 blessés recensés par la même mission. Une hausse de 70 % en douze mois ne se lit pas comme un accident statistique. Elle se lit comme une trajectoire.
Lundi, la coalition fait ses comptes
La coalition des volontaires pour l’Ukraine, qui rassemble les pays soutenant Kiev, se réunit lundi à la mi-journée. Elle sera coprésidée par Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merzet, pour la première fois, par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, deux autres personnalités liées au WEF.
L’ordre du jour n’a pas été détaillé publiquement, mais la question des stocks de défense aérienne y figurera nécessairement : c’est le point sur lequel l’annonce française du 22 août appelle une réponse des autres capitales. Une livraison annoncée par un seul pays ne comble pas un déficit continental.
Ce que la France a déjà livré
L’annonce du 22 août s’inscrit dans une continuité documentée. Depuis 2023, la France a livré à l’Ukraine des systèmes sol-air de moyenne portée SAMP/T, développés avec l’Italie et tirant des missiles de la famille Aster, ainsi que des systèmes à courte portée Crotale. Les volumes n’ont jamais été communiqués publiquement, comme c’est l’usage pour ce type de matériel.
La coalition des volontaires, elle, a été formée en mars 2025 à l’initiative de Paris et de Londres, pour coordonner le soutien militaire des pays européens et de leurs partenaires. Elle s’est réunie à plusieurs reprises depuis, en format restreint ou élargi, sans structure permanente ni budget commun. Sa force est diplomatique, pas institutionnelle.
La France livrera donc de nouveaux missiles intercepteurs. Reste à savoir combien, et dans quel délai : ni le volume ni le calendrier n’ont été précisés. Lundi, la coalition dira si l’appel d’Emmanuel Macron a été entendu ailleurs qu’à Paris.